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mercredi 4 avril 2018

Le monde des GAFA par Dov Zerah



Le monde dES GAFA


Le point économique de Dov ZERAH


           
          
          Notre monde aime les acronymes. Un défraie régulièrement la chronique économique, voire les actualités, celui des GAFA. Il regroupe les quatre géants de l’internet fixe et mobile : G pour Google, A pour Apple, F pour Facebook et A pour Amazon. Certains considèrent que manque à l’appel Microsoft et qu’il serait plus opportun de parler de GAFAM ; d’autres estiment que son absence s’explique par le fait que Microsoft n’a pas correctement réalisé le virage du digital, et l’a même raté. Pour mesurer le problème auquel les Etats doivent faire face, reprenons chacune de ces sociétés qui sont les plus importantes au monde. Les chiffres sont impressionnants.


         
Larry Page et Sergueï Brin
          Créé en 1998 par Larry Page et Sergueï Brin, Google est le principal moteur de recherche qui traite plus de 3.000 milliards de requêtes par jour. Avec un chiffre d’affaires de près de 100 milliards$, Google est la filiale d’un holding, Alphabet. Ses filiales sont dans tous les secteurs du futur : domotique avec Nest, biotechnologies avec Calico, internet et fibre optique avec Fiber…, et ferait 90 % de la recherche mondiale. Valorisé en Bourse à environ 500 milliards$, Alphabet est à la recherche des technologies de rupture.



            Créé en 1976 par Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne, Apple est emblématique de certains produits comme l’Iphone, l’Ipad, ou le MacBook.
            Qui ne connait pas Facebook ? Fondé en 2004 par Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin, Facebook s’est imposé comme le premier réseau social au monde.
            Enfin Amazon, créé en 1994 par Jeff Bezosa, est aujourd’hui le premier site de vente par internet.
            Cette expression de GAFA symbolise la domination du monde par une poignée d’acteurs : une capitalisation boursière de près de 2.000 milliards$, un peu moins de 350 milliards$ de chiffres d’affaires, des effectifs de plus de 250.000 personnes, un taux de croissance annuel dépassant les deux chiffres…Les GAFA dispose d’environ 130 milliards$ de disponibilités, ce qui peut permettre de très nombreuses acquisitions essentielles pour conforter des positions dominantes dans les secteurs majeurs de la transformation numérique, notamment la distribution, le divertissement, les énergies, la finance, l’internet, les loisirs, les médias, la santé, les télécoms, le voyage. Les acquisitions ont pour nom Beats, Instagram, Oculus ou WhatsApp…

            Réalisée par le cabinet FaberNovel, une étude récente va jusqu’à démontrer que 55% de la vie numérique d’un individu passe obligatoirement par un de ces quatre réseaux. Au-delà de ces chiffres et objectifs, les GAFA soulèvent deux problèmes fondamentaux, leur stratégie d’optimisation fiscale, et l’accumulation de données.
            Selon la Commission européenne, les entreprises du numérique paient en moyenne 9% d’impôt alors que les entreprises traditionnelles paient 23%. Avec un marché de 500 millions de consommateurs à pouvoir d’achat élevé, l’Europe constitue une cible intéressante pour les GAFA. C’est la raison pour laquelle la commission européenne vient de proposer aux Etats-membres de taxer à partir de 2020 à hauteur de 3% les chiffres d’affaires réalisés avec les ventes d’espaces publicitaires, le marketing des données individuelles. Sur une base déclarative, elle devrait concerner une centaine d’entreprises américaines et européennes. Compte tenu de la puissance de ces sociétés, seule l’Europe est en mesure de s’engager sur une telle voie contraignante ; aucun pays seul n’aurait pu le faire.
            De la même façon, seule l’Europe est en mesure d’imposer des règles sur la protection des données personnelles comme avec le règlement RGPD qui entre en vigueur le 25 mai prochain ; est en discussion un autre projet concernant «la vie privée et les communications électroniques». L’enjeu est de taille !
            Dernièrement accusé d’avoir fourni des données personnelles au cabinet d’analyse de données Cambridge Analytica, Facebook fait l’objet d’une enquête de l’agence gouvernementale américaine chargée de faire le droit des consommateurs. Cette seule information a fait dévisser le titre en Bourse de 15% et entrainé des excuses de Marc Zuckerberg. Le sujet n’est pas épuisé !
            Les géants de l’internet investissent dans les services bancaires et financiers plus pour les données qu’elles leur apportent que par leur rentabilité. Aujourd’hui, cela passe par les services de paiement, demain par la distribution de crédit à la consommation, de crédits immobiliers, la vente de produits financiers ou de produits d’assurance, voire d’assurance maladie. Nous ne sommes qu’au début des initiatives des GAFA pour s’accaparer des données.

            Cela rappelle Big Brother et le livre de George Orwell «1984». C’était un livre et le XXème siècle. C’est aujourd’hui la réalité au XXIème siècle.

2 commentaires:

YAAKOV NEEMAN a dit…

Bonjour Monsieur Dov Zerah,
Article très intéressant, mais les GAFA ne font pas que soulever deux problèmes fondamentaux ("leur stratégie d’optimisation fiscale, et l’accumulation de données"). Le monstrueux pouvoir des GAFA remet surtout en question les missions régaliennes des Etats. Jusqu'à présent, il est admis dans nos démocraties que la protection (sécuritaire, économique, sociale, sanitaire, etc.) des citoyens est l'une des tâches dévolues aux Etats. Or les GAFA, qui se jouent des frontières, contournent les protections étatiques et réduisent les citoyens – désormais vulnérables et dramatiquement seuls --- à leur seul fonction économique (consommer) dont ils contrôlent les modalités.
Exemple concret : AMAZON va bientôt s'installer en Israël. Très bien : n’importe qui, habitant au fin fond du Golan ou à l’extrême sud du Néguev pourra commander et recevoir plus rapidement l'un des millions d'articles proposés par cette hyper-efficace structure marchande. Mais cette possibilité offerte au consommateur lambda se traduira par un coût social élevé : nombre de petits commerces de détail ne pourront pas résister à cette concurrence inégale (comme on le voit déjà dans le secteur du vêtement en Israël). Pour équilibrer le jeu et éviter d'alourdir le nombre de demandeurs d'emplois, suffira-t-il aux Etats de taxer l'implantation des GAFA au prorata des aides sociales qu'ils vont susciter ?
Je n'ai pas de réponse à cette question. Par contre, si l’on s’efforce de comprendre l'histoire du monde à travers le prisme de la Tora, cette irréversible marche vers l'apparition de nouveaux Pharaons économiques est porteuse d’un sens, d'une signification. Laquelle ?
Par le biais des GAFA qui vont faire voler en éclat la mission protectrice des Etats, le Maître de l'histoire va (re)placer tous les individus qui composent les nations au niveau de la solitude et de la vulnérabilité d'Avraham. Lequel découvrit le Créateur au terme d'une longue marche solitaire jalonnée de multiples dangers (les 10 épreuves) dont il triompha. Le rôle du peuple juif sera d'expliquer au monde le sens de cet affrontement, où quelques mastodontes maîtres de tous nos besoins pourront se jouer de la vulnérabilité de la masse atomisée des êtres humains. Je ne sais pas s’il en sera capable. Je l’espère, car le message du premier de nos patriarches (socle de nos religions monothéistes) est que la fin sereine et heureuse de l’aventure humaine passe par l'adhésion au message du Créateur, grand metteur en scène de l'Histoire. Naturellement, pour un lecteur issu de la rue des Saint-Pères, cette prospective relève de la fiction, voire du délire…
C’est pourquoi, si je pense que vous aurez souscrit à mon premier paragraphe, je n'ai pas la même certitude pour le second...
En vous souhaitant HOL HAMOED SAMEAKH.



Georges KABI a dit…

On a dit a peu pres la meme chose sur IBM. Cette societe titanesque n'est plus qu'un nain parmi les autres. On a dit cela de Microsoft avec a sa tete le voleur Bill Gates, qui subtilisa le programme de Steve Jobbs, y ajouta deux ou trois petits changements et fit deposer un brevet. Microsoft a rate le portable et pourrait tres vite degringoler.
Le GAFA ne m'inquiete pas particulierement, ce qui m'inquiete c'est qu'il soit possible, dans notre systeme economique, d'arriver si vite a de telles proportions. Mais meme avant IBM n'avons-nous pas eu JP Morgan, Rockfeller et Rothschild? :)