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jeudi 5 avril 2018

Erdogan, notre ami, notre allié



ERDOGAN, NOTRE AMI, NOTRE ALLIÉ

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps


            
          On ne comprend pas les raisons qui poussent le gouvernement israélien à être indulgent avec Recep Tayyip Erdogan qui ne rate aucune occasion pour insulter Israël et ses dirigeants. Il fut certes un temps où les échanges militaires étaient importants entre les deux pays et que le ciel turc servait à l’aviation israélienne pour ses exercices militaires. Il fut un temps où l’armée turque achetait tout son matériel militaire en Israël. Il fut un temps où la Turquie était l’enfant chérie des Américains parce qu’elle représentait la barrière défensive de l’Occident contre les pays de l’Est. Ce temps est révolu.



            Restent effectivement les échanges commerciaux entre Israël et la Turquie qui ont doublé en cinq ans. En 2009, ils étaient évalués à 2,3 milliards de dollars puis ont bondi à 4,9 milliards en 2014. Les exportations turques vers Israël s’élevaient à 2,5 milliards de dollars alors que les importations en provenance d’Israël ont atteint 2,3 milliards d’euros. Israël importe essentiellement du fer, de l’acier, des machines électriques, des véhicules, des minéraux, du textile et du béton tandis qu’Israël vend à la Turquie des produits chimiques, des plastiques et des produits en caoutchouc.
            La question reste de savoir si Israël peut continuer à perdre son âme avec un pays qui l’insulte et qui insulte ses dirigeants. Erdogan avait utilisé des noms d’oiseau indécents à l’égard de Netanyahou : «Hé Netanyahou ! Tu es un occupant ! Et c’est en tant qu’occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste. Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l’histoire et nous ne l’oublierons jamais. Le peuple israélien est mal à l’aise avec ce que tu fais».
Mavi Marmara

            Les intérêts commerciaux d’Israël ne justifient pas que l’on accepte d’être traité de paillasson. Depuis l’incident du Mavi Marmara, en mai 2010, les relations se sont détériorées et elles ne parviennent plus à se stabiliser malgré les excuses que Netanyahou avait présentées et malgré le dédommagement de plusieurs millions de dollars qu’Israël a payé aux familles des victimes turques.
            Il ne se passe pas une semaine sans qu’Erdogan profère, à toute occasion, des insultes contre Israël allant jusqu’à l’accuser de «surpasser Hitler matière de barbarie», lors de la guerre de Gaza.  Pour de telles relations boiteuses avec la Turquie, Netanyahou est contraint de sacrifier ses alliés kurdes soumis au matraquage d’une armée qui ne met pas de gants pour martyriser les populations civiles. Pour des relations boiteuses avec la Turquie, Israël accepte de nier une évidence reconnue par tous les historiens, de nier le génocide arménien perpétré contre 1,5 million d’Arméniens par le gouvernement ottoman en 1915. Déjà 29 pays et 48 des 50 États américains ont officiellement reconnu ces massacres à l’exception d’Israël qui privilégie ses relations diplomatiques à la morale et à l’évidence historique. Avec des amis comme cela, les Israéliens n’ont pas besoin d’ennemis. Au début Erdogan a joué le rôle du musulman modéré pour rassurer les Occidentaux, mais islamiste il est et islamiste il restera.
            
Guilad Erdan

          Le ministre Guilad Erdan a raison de dire que la réconciliation de 2016 a été une «erreur». Le fil est rompu et rien ne sera plus comme avant. De toute façon Erdogan a choisi. Il avait choisi Assad contre Israël et aujourd’hui il fait ouvertement une alliance avec la Russie et l’Iran, sur fond d’échanges nucléaires. Selon Erdan «Il est nécessaire de montrer au monde entier qui est Erdogan et quelles sont ses valeurs : un dirigeant anti-démocratique qui démontre des attitudes antisémites, qui massacre les Kurdes, conquiert le nord de Chypre, envoie des flottilles à Gaza, et soutient des organisations terroristes comme le Hamas».


            En fait, depuis la révolution en Égypte, Erdogan continue à travailler pour sa propre vision de la Turquie. Il n’a pas renoncé à prendre le leadership musulman au Moyen-Orient, tombé en désuétude depuis la chute de Hosni Moubarak. Il est donc prêt à utiliser tout chemin détourné pour élargir son influence auprès des pays arabes afin de transformer la Turquie en un nouvel empire néo-ottoman. 
          Avec ce genre de leader qui se comporte en dictateur vis-à-vis de sa population et qui n’a pas sa place au sein des institutions européennes, il faut montrer les dents, il faut hausser le ton, il faut prendre des mesures extrêmes. Il vient de faire un virage contre l’Occident en se rapprochant de Poutine et de Rohani. Il faut donc le renvoyer à ses chères études islamiques et s’allier à ses ennemis pour lui faire entendre raison. 

          Netanyahou recule alors que c’est le moment de faire preuve d’intransigeance. Déjà les touristes israéliens ont déserté les stations turques donnant un coup sévère à l’industrie hôtelière. En touchant à l’économie turque par la suspension des relations économiques, on assènera une leçon que le dictateur n’a pas l’habitude de recevoir et qui lui fera entendre raison.

4 commentaires:

Jacques BUSSEUIL a dit…

Plus de doute sur la volonté d’Erdogan d’instaurer un califat en Turquie et dans toute la région

Gerard Hania a dit…

Yesss

Herve23 a dit…

Surtout en lui infligeant une raclée très coûteuse en matériel et en homme dans la province de magie, en Kurdistan syrien.
Que son armée soit anéantie, que son image soit effacée, que son peuple se retourne contre lui.
Que les Russes rient de lui, que les Syriens n'en aient plus peur.
Que les 10 plaies d'Égypte traversent la Méditerranée et s'abattent sur le palais présidentiel turc.

The Old Dreamer a dit…

Quel intérêt à rentrer en conflit ouvert avec la Turquie . Qui est cette homme tout le sait. Le travail des justes est fait par les autres