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samedi 24 mars 2018

La tentation isolationiste de Donald Trump par Dov ZERAH



LA TENTATION ISOLATIONISTE DE DONALD TRUMP

Le point économique de Dov ZERAH


           
TPP
          Sous l’administration de Barack OBAMA, les Etats-Unis avaient poussé à la création d’un partenariat Trans Pacifique avec la mise en place d’une vaste zone de libre-échange entre douze pays, l’Australie, Brunei, le Canada, le Chili, les Etats-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Signé le 4 février 2016, l’accord aurait entrainé la constitution de la plus vaste zone de libre-échange regroupant 800 millions d’habitants et 40 % du PIB mondial.
            Au-delà de la zone commerciale, l’accord portait aussi sur la levée de barrières non tarifaires, la protection des investissements, la propriété intellectuelle, les droits de l’environnement et du travail, l’accès aux marchés publics, l’adoption de normes communes…L’objectif affiché était de contenir l’expansion économique et commerciale de la Chine.



Signature fin TPP

            Trois jours après son investiture, le 23 janvier 2017, le Président Donald TRUMP signe un décret désengageant les Etats-Unis de ce traité. Quatorze mois de discussions et négociations n’ont pas fait bouger le président américain. Et, il y a quinze jours, les onze pays ont signé un nouvel accord dénommé partenariat Trans pacifique global et progressiste ; il regroupe 500 millions d’habitants et concerne un peu moins de 20 % du PIB mondial.
            Tout en faisant bande à part, le Président Donald TRUMP brandissait la menace de relever les droits de douane d’importations de l’acier et de l’aluminium. L’attitude américaine soulève de nombreux problèmes.
            Tout d’abord, elle remet en cause une orientation majeure de l’après-guerre. Un des grands enseignements de l’entre-deux-guerres est que les protectionnismes, avec leur lot de dévaluations compétitives et d’augmentations des droits de douane, ont été la source d’oppositions entre les nations. Le repli sur soi a généralisé et approfondi les conséquences de la crise de 1929, exacerbé les nationalismes, et conduit à la Seconde Guerre mondiale. Avant même la fin de la guerre, les futurs vainqueurs anticipent et définissent les contours d’un gouvernement du monde. Cela va se concrétiser avec :
L’Organisation des Nations Unies (ONU),
Les accords de Bretton Woods, avec la création en juillet 1944 du Fonds monétaire international (FMI), et de la Banque mondiale,
La signature des accords généraux sur le commerce et les tarifs et le début de nombreux cycles de négociation conduisant à la diminution, voire la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires.
            Le monde a ainsi connu une exceptionnelle période de prospérité. Le mouvement de mondialisation, de globalisation a transformé notre planète en un grand village. Les Etats-Unis prennent le risque de déclencher des guerres commerciales, et à plus ou moins brève échéance des oppositions militaires.  Comment est-il possible qu’un pays voit certains marchés fermés à ses produits et ne pas réagir ?
            Les Etats- Unis laissent en Asie et dans le Pacifique la place libre à la Chine devenue le chantre du libéralisme nonobstant ses différents dumpings, social, environnemental et surtout monétaire. Plus généralement, cette orientation écorne le leadership mondial des Etats-Unis.
            Si le Président Donald TRUMP veut rendre l’Amérique à nouveau grande, pour reprendre son slogan de campagne, il doit prendre à bras le corps les problèmes de son pays en
- Diminuant les déficits jumeaux américains, le déficit du budget fédéral et celui de la balance commerciale. En étant obligés de recourir à l’épargne internationale, principalement chinoise, pour financer le financement du fonctionnement de l’Etat fédéral, les Etats-Unis sont totalement dépendants de l’extérieur
- Améliorant la compétitivité de leurs industries. Aucune protection tarifaire ou normative ne peut durablement assurer la capacité d’un pays à affronter la concurrence internationale. 
            Il est illusoire de vouloir rendre l’Amérique à nouveau grande en la repliant de la gestion des affaires du monde, en la retranchant derrière des barrières ou des murs supposés infranchissables. Or, nous avons besoin de plus de gouvernance mondiale pour atténuer le caractère anxiogène de notre monde.
            La concurrence effrénée, pour ne pas dire débridée, angoisse les salariés des pays anciennement industrialisés, car elle fait peser sur eux des exigences renouvelées. Ils ont le sentiment que, quels que soient les efforts, les réservoirs de main d’œuvre asiatiques repoussent toujours les limites de la compétition et conduisent inéluctablement à la remise en cause des avantages acquis.
            Par ailleurs, la fluidité des marchés ainsi que la mobilité des facteurs de production, tant du capital que du travail remet en cause de nombreuses industries ou régions dans des pays occidentaux.
            Le monde doit aussi faire face au dumping fiscal, au changement climatique, à la criminalisation de certains pays ou activités, et bien d’autres problèmes. Dans le même temps, la mondialisation conduit à une forme de dépérissement de l’Etat, qui perd de plus en plus de pouvoir face au marché, aux entreprises multinationales, aux institutions régionales et internationales.
            C’est pourquoi, nous avons besoin de plus de coopération régionale et internationale, et non d’un repli nationaliste. Nous avons besoin des Etats-Unis compte tenu de leur importance. Tout repli américain, comme celui des Accords de Paris sur le lutte contre le changement climatique est problématique.

1 commentaire:

Marianne ARNAUD a dit…

Ainsi, si je vous suis, le monde comprendrait, dans l'ordre où ils apparaissent dans cet article : "l'Australie, Brunéi, le Canada, le Chili, les États-Unis, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam... la Chine."
La seule allusion aux pays européens, se trouve dans cette phrase - je devrais dire, cette périphrase : "La concurrence effrénée, pour ne pas dire débridée, angoisse les salariés des pays anciennement industrialisés..." Et voilà les nations européennes réduites à leurs seuls salariés !
Cela n'a pas l'air de vous poser le moindre problème, mais il se trouve que cela à l'air d'en poser un aux peuples européens qui ne se privent pas de le faire savoir, du moins quand on leur donne l'occasion de s'exprimer sur le sujet.