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lundi 26 mars 2018

Avec Bolton, les Etats-Unis sont en ordre de bataille


AVEC BOLTON, LES ÉTATS-UNIS SONT EN ORDRE DE BATAILLE
Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            
Mac Master et John Bolton

          Les changements successifs à la tête des principales administrations américaines démontrent que les Etats-Unis se mettent en ordre de bataille pour affronter les principaux fronts internationaux. La dernière nomination concerne un faucon néo-conservateur qui faisait déjà partie de l’administration de George W. Bush avant de devenir commentateur sur Fox News puis membre de l’équipe Trump. Le conseiller à la sécurité nationale H.R. McMaster a été remplacé par John Bolton qui fut chargé de 2001 à 2005 des questions de désarmement puis ambassadeur américain aux Nations unies d'août 2005 à décembre 2006.


A l'ONU
            Bolton a signé les manifestes sur l'Irak et sur Taïwan, mais il n'en demeure pas moins un républicain de droite, nationaliste, proche des options de Dick Cheney. Défendeur exclusif des intérêts américains, hostile aux interventions américaines via l'OTAN dans les Balkans, il désapprouve également les interventions humanitaires. Pour lui, le droit international ne serait qu'une vue de l'esprit, puisqu'il n'y a pas de sanctions contre les contrevenants.
            Les Israéliens exultent car, théoricien de la guerre en Irak, John Bolton est l'un des grands pourfendeurs de l'accord sur le nucléaire iranien, signé par les grandes puissances en juillet 2015. Trump a donc constitué l’équipe de politique étrangère la plus conservatrice et idéologique et la moins pragmatique alors que les défis internationaux imposent actuellement de la flexibilité et du pragmatisme.

            Certains experts considèrent que les Etats-Unis se préparent à un immense conflit en Syrie, impliquant la Russie et l’Iran, ce qui ferait les affaires des Israéliens qui souhaiteraient crever l’abcès iranien à leurs frontières. La situation maritime en Méditerranée est explosive après l’augmentation massive des flottes russes et de l’Otan. L’espace méditerranéen a toujours constitué une zone stratégique pour les Etats-Unis, bien que le point de focalisation soit clairement situé ente l’Asie centrale et le golfe Arabo-persique.
            La Méditerranée est un vaste corridor menant vers de l’océan Atlantique et l’océan Indien, un axe stratégique de projection vers l’Est. Mais les Etats-Unis ne perdent pas vue qu’ils doivent à présent contenir le développement de la Chine, véritable nouveau «challenger» potentiel des Etats-Unis. Trump a aussi le souci de contribuer à la sécurité d’Israël, en raison de sa position géographique qui lui confère une importance stratégique. La Méditerranée constitue pour les Etats-Unis un axe privilégié de pénétration vers l’Asie centrale et le Moyen-Orient, dont il convient de garantir la sécurité d’usage. Avec le nouveau conseiller à la sécurité nationale, les Etats-Unis pourraient envisager de frapper Damas et même le palais présidentiel sans se soucier de la présence russe dans la région.

            John Bolton prendra ses fonctions le 9 avril en tant que troisième conseiller à la sécurité nationale du président en quatorze mois. Il est fort probable qu’il orientera la politique étrangère américaine vers une stratégie plus belliqueuse. Il s’est en effet souvent prononcé pour des frappes préventives en Corée du Nord, afin d’empêcher que Pyongyang n’attaque les Etats-Unis. Il a affiché des positions radicales sur l’Iran en prônant un retrait de l’accord sur le nucléaire, la mise en place de nouvelles sanctions. Il envisagerait même de renverser le régime iranien. Sa nomination est un choc pour le camp démocrate car ce poste clé à la Maison Blanche ne requiert aucune approbation du Sénat.
            En Israël, la droite nationale se réjouit de cette nomination qui entre dans sa stratégie militaire et sécuritaire. En effet John Bolton est président du Gatestone Institute, un groupe d'activistes pro-israéliens de droite, accusé d'avoir fomenté le sentiment antimusulman. Il a été conseiller de l'Institut juif pour les affaires de sécurité nationale et il rejoint les Israéliens dans leur rejet de la légitimité des Nations Unies et d'autres institutions internationales. Il s'est fortement opposé à toute négociation avec la Corée du Nord et a exprimé le 21 janvier 2018 des idées sur la résolution du conflit israélo-palestinien en annexant la Jordanie à la Cisjordanie.

            Pour certains Américains, Bolton est un idéologue qui ne mesure pas les conséquences de ses options politiques, avec le risque que les États-Unis touchent le fond de leurs relations internationales. Il avait accusé Obama de «faiblesse et d’imprudence». Il est persuadé que l'Iran développe des armes nucléaires, en dépit des jugements des services secrets américains : «En négociant avec l'Iran, Obama lui a non seulement permis de légitimer son programme d'armement nucléaire, mais a facilité objectivement la menace mondiale mortelle à Téhéran». Il a explicitement demandé des frappes militaires contre l'Iran : «la vérité est que seule une action militaire comme l'attaque israélienne de 1981 sur le réacteur Osirak de Saddam Hussein en Irak ou sa destruction en 2007 d'un réacteur syrien, conçu et construit par la Corée du Nord, peut accomplir ce qui est nécessaire. Les Etats-Unis pourraient faire un travail de destruction complet, mais Israël seul peut faire le nécessaire. Une telle action devrait être combinée avec un vigoureux soutien américain à l'opposition iranienne, visant à un changement de régime à Téhéran».
            Bref, Israël ne pouvait pas trouver meilleur allié pour consolider la position de Benjamin Netanyahou empêtré dans ses affaires judiciaires.


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