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mardi 23 janvier 2018

Notre-Dame-Des Landes : Et maintenant ? Par Marianne ARNAUD



NOTRE-DAME-DES-LANDES : ET MAINTENANT ?

Par Marianne ARNAUD

            
Zone prévue pour l'aéroport

        Plus personne ne peut ignorer que ce mercredi 17 janvier 2018, le Premier ministre Edouard Philippe a mis fin à une querelle vieille de presque 50 ans, nous dit-on, en annonçant l'abandon du projet de construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, à quelques kilomètres au sud de Nantes.



            Ce projet, déclaré d'utilité publique en 2008, qui n'a pas déclenché moins de 179 recours à son encontre, et dont les derniers ont été rejetés le 18 juin 2017, est au centre d'un combat qui oppose l'État à quelques centaines de militants de l'ultragauche installés sur la «zone à défendre» (ZAD) depuis 2008.
            Rappelons que le 16 octobre 2012, près de 2.500 gendarmes et policiers avaient tenté d'évacuer la zone sans succès, avant que le pouvoir n'y renonce, face à la violence des «zadistes».
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            Force est de constater qu'une zone de non droit s'est installée à Notre-Dame-des-Landes depuis plus de cinq ans, où toute une contre-société s'est constituée pour fonctionner en complète autarcie, avec fermes d'élevage, cultures, boulangerie, armurerie et même hôpital de campagne.
            En juin 2016, une «consultation non contraignante» des habitants du seul département de Loire Atlantique – pompeusement appelée «referendum» par les media – donne plus de 55% de OUI en faveur du nouvel aéroport.
            Selon la promesse de Manuel Valls, Premier ministre à l'époque, les travaux auraient dû commencer dès l'automne de la même année, mais c'était compter sans l'opposition de Ségolène Royal, sa ministre de l'Écologie, qui déclare «qu'il vaut mieux arrêter les frais», et le mardi 18 octobre, c'est Valls lui-même qui se rend aux raisons de Ségolène en reconnaissant que l'évacuation des zadistes serait d'abord «périlleuse pour les forces de l'ordre».
            Pendant la campagne des Présidentielles de 2017, le candidat Macron avait affirmé plusieurs fois, et particulièrement lors de l'Émission politique de France 2, du 6 avril 2017, où un face à face l'opposait à Bruno Retailleau, président du Conseil régional des Pays de Loire, fervent partisan du nouvel aéroport, qu'il respecterait la consultation publique de 2016.

            Dès lors, on comprend qu'au lendemain de l'annonce de l'abandon du projet, si cette déclaration est vécue comme une victoire par les zadistes et par leurs soutiens, elle ne peut que remplir d'amertume tous ces élus locaux qui se sont battus depuis tant d'années pour une population qui leur avait donné leur confiance.
            Les media ont beau jeu, dès le lendemain de l'annonce, de sortir un sondage démontrant que 75% des Français sont satisfaits de la décision du gouvernement, sans trop insister sur le fait que cet aéroport n'intéressait que les six millions de personnes vivant dans l'Ouest de la France. Pour les autres, ils sont surtout satisfaits qu'on abandonne un projet devenu source de conflit où l'autorité de l'État est bafouée depuis trop longtemps.
            Mais déjà le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, annonce que les routes doivent être restituées à la circulation dès la fin de la semaine prochaine. L'évacuation de la ZAD étant remise au printemps. Pour l'instant, les zadistes préparent de grandes manifestations, sur la ZAD, mais aussi à Paris, à Marseille et surtout à Nantes, pour fêter l'abandon de la construction de l'aéroport.


            Ainsi que le fait savoir Ouest-France, cinq compagnies de CRS ont déjà convergé vers Nantes en vue d'assurer la sécurisation de la ville. Le décor est planté, la pièce peut commencer.

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