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dimanche 24 décembre 2017

Vote sur Jérusalem : une défaite sans lendemain ?



VOTE SUR JÉRUSALEM : UNE DÉFAITE SANS LENDEMAIN ?

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
            

          Il faut appeler un chat, un chat et garder raison. Il n’y a aucune honte à reconnaître ses défaites et ne pas interpréter à sa façon les chiffres comme l’a fait un éminent ancien ambassadeur d’Israël à la télévision. Il a présenté ce vote comme une «victoire diplomatique» d’Israël sous prétexte que la résolution n’a pas atteint les 130 voix. Sur les 193 pays membres de l’ONU, 128 ont voté pour la résolution, 35 se sont abstenus et 9 (Guatemala, Honduras, Israël, Palaos, Îles Marshall, Micronésie, Nauru, Togo, États-Unis) ont voté contre.



            Une large majorité a ainsi condamné la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël. Il ne s’agit pas d’une «victoire diplomatique» mais pas non plus d’une défaite déshonorante car 35 pays se sont abstenus et 21 ne sont pas venus voter. Seuls deux tiers des membres de l'Assemblée générale se sont exprimés en faveur de la résolution. Les abstentionnistes ont tenu compte des menaces de Donald Trump qui avait laissé entendre qu'il pourrait mettre fin aux aides accordées à ceux qui s'exprimeraient contre sa position. 
         Mais au lieu de donner une interprétation optimiste du vote, voire de travestir le résultat pour calmer les appréhensions des Israéliens, il suffit de préciser que les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies n’ont pas de valeur juridique contraignante en droit international public, contrairement aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les Palestiniens à l'ONU

            Les Palestiniens peuvent toujours se féliciter de la résolution mais elle ne changera rien : «Cette décision réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international. Nous allons poursuivre nos efforts à l’ONU et dans d’autres forums internationaux pour mettre fin à l’occupation israélienne et créer un État palestinien avec comme capitale Jérusalem-Est. Aucune décision d’aucune partie ne peut changer la réalité : Jérusalem est un territoire occupé aux termes du droit international».

Nikki Haley

            Nikki Haley, ambassadrice américaine auprès des Nations unies, a prévenu aujourd’hui que : «quoi qu’il advienne, l’Amérique mettra son ambassade à Jérusalem, aucun vote ne changera cela».
            On devrait en revanche s’inquiéter du flou de la déclaration de Donald Trump et comme dit l’autre, «quand c’est flou c’est qu’il y a un loup». Le président américain n'a pas parlé d'une Jérusalem unifiée pour laisser ouverte la discussion sur le statut final de la capitale. C’est tellement flou que certains pays, la Turquie en particulier, considèrent qu’il y a toujours deux Jérusalem et que «Jérusalem-Est reste la capitale de la Palestine».
            Trump n’a pas défini de quelle Jérusalem il parle. Il a certes reconnu Jérusalem en tant que capitale d'Israël mais a fait un pas en arrière en justifiant que le déplacement de l'ambassade américaine nécessiterait au moins un mandat en raison des délais de planification et de construction. En d’autres termes, revotez pour moi et vous aurez plus de chances pour le transfert. S’il le voulait vraiment, il aurait pu installer temporairement l’ambassadeur et ses collaborateurs directs dans les locaux du Consulat de Jérusalem pour marquer sa détermination politique. La place n'y manque pas.
Consulat de Jérusalem

            Beaucoup d’Israéliens s’inquiètent de sa volonté cachée de diviser Jérusalem pour calmer la fureur des pays arabes et atténuer les conséquences du vote à l’Onu qui va le contraindre à agir. Certains lui prêtent l’intention «d’offrir» dans une négociation les quartiers arabes de Jérusalem-Est et quelques villages environnants pour créer une capitale palestinienne en fermant les yeux, en échange, sur les quartiers juifs qui ont été annexés, Gilo en particulier.
            Le Premier ministre israélien, comme il fallait s’y attendre, a rejeté la résolution «absurde» de l'ONU et l’a déclarée «nulle et non avenue». Il a déclaré que Jérusalem «a toujours été, sera toujours la capitale d'Israël». Il a apprécié «qu'un nombre croissant de pays refusent de participer à ce théâtre de l'absurde» .

François Delattre

            L'ambassadeur de France à l'ONU, François Delattre, a déclaré de son côté, sur instructions du Quai d’Orsay, que : «La résolution adoptée aujourd'hui ne fait que confirmer les dispositions pertinentes du droit international sur Jérusalem, ce vote ne doit pas diviser ou exclure».
            L’initiative de Trump sur Jérusalem a remis les Palestiniens, qui avaient été marginalisés par l’émergence de Daesh, sur le devant de la scène arabe et a renforcé la position de l’Iran et de la Turquie. Le commandant iranien Qasem Soleimani a appelé les branches armées palestiniennes à aller au combat en leur offrant tout son soutien. L’Iran a émergé comme allié principal des Palestiniens au moment où ses rivaux du Golfe se préparaient à normaliser leurs relations avec Israël. Dans son discours du 18 décembre, lors d’une manifestation au sud de Beyrouth, Hassan Nasrallah, a immédiatement tiré profit de ce revirement stratégique en déclarant que le Hezbollah allait se recentrer sur la cause palestinienne, à présent que Daesh est défait et que ses miliciens sont sur le chemin du retour au Liban.
            La décision de Trump a eu pour effet imprévu d'unir le monde islamique et de freiner la division entre les Sunnites et les Shiites. Elle risque d’être un message fort aux adeptes arabes de la normalisation qui risquent de repousser leur décision en attendant des jours meilleurs, voire de l'annuler.  

3 commentaires:

Georges a dit…

128 pays ont vote la resolution mais combien de pays arabo-musulman peut etre une centaine ou un peu moins et certains pays d'afrique d'amerique du sud et d'asie.donc combien de votes senses plus ou moins 30.quelle affaire.non contraignante elle permet a certains de se defouler c'est de bonne guerre.cette resolution a ete votee, et apres?????
sur le terrain c'est autre chose.
chalom a tous
georges

Anonyme a dit…

Ce vote cautionne tous les attentats passés et à venir.
Mais en quoi il est gênant pour tous ces pays et la France en particulier que les ambassades soient à Jérusalem ouest, ne sont ils pas entrain de faire que Jérusalem soit palestinienne, cela ne m’étonnerait pas avec cette bande de voyous

HAalg a dit…

Ce vote a quelque chose de positive ; il aura montré, encore une fois, que beaucoup de pays versent davantage dans l’hypocrise diplomatique, la poltronnerie, le mensonge … plus qu’ils ne versent à chercher les justes solutions aux justes problèmes, nombreux, de notre Monde. Alors qu’en est-il, de cette cause oubliée ; en termes de priorité, de l’importance de sa population, d’attente sur le plan historique, de souffrances endurées, emprisonnement, repression, liquidation physique…. du Peuple Kurde ; Une cause qui n’ a pas eu cette « chance » d’avoir toutes les sollicitudes des « nations unies » notamment de sa majorité automatique, contrairement, en fait, au volet israélo-arabo/palestinien qui ne date que de quelques décennies, lequel en outre est né de l’entêtement des Arabes et Musulmans à ne pas reconnaître ISRAEL et la judaïté de sa propre terre. L’ONU doit faire amende honorable à l’égard des Kurdes et Le KURDISTAN, en tant que cause d’urgence et prioritaire, qui mérite tous les espoirs de dire OUI, ENFIN, l’Humanité avance dans le vrai, car un Peuple de 40 000 000 habitants aura récupéré son identité, sa dignité, sa terre, sa langue, sa démocratie, sa liberté.