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mardi 5 décembre 2017

Le Hezbollah n'est plus une milice mais une armée



LE HEZBOLLAH N’EST PLUS UNE MILICE MAIS UNE ARMÉE

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps
       

        Les Israéliens ont intégré l’idée que le Hezbollah n’est plus une petite milice de pacotille mais une véritable armée qui a acquis ses galons dans les combats en Syrie. Alors Tsahal est contraint de mieux se préparer en choisissant la guerre moderne de haute technologie et en minimisant les risques de pertes humaines. A cet effet, il a rénové le Namer, un véhicule de combat d’infanterie, lourdement armé, basé sur une évolution du tank Merkava IV.  Le but est de limiter les déplacements à pied des soldats avant d’atteindre leur cible, une phase hautement dangereuse que Tsahal a malheureusement expérimenté durant la guerre du Liban de 2006.




            De nombreux enseignements ont été tirés de ce demi-échec libanais et transmis à la division 81 chargée d'imaginer et de concevoir de nouveaux matériels performants. En cas de conflit, ce ne sera pas une promenade de santé pour le Hezbollah d’autant plus que les renseignements militaires considèrent que son moral a atteint son plus bas niveau historique après les coups reçus en Syrie de la part de Daesh, des centaines de morts, et la destruction systématique par l’aviation israélienne de ses nouveaux matériels.              Le Hezbollah libanais se trouve au cœur de l’actualité brûlante du Moyen-Orient. Force dominante au Liban, il a été accusé par Saad Hariri d’avoir imposé sa mainmise sur le pays, et de s’être impliqué dans la rivalité entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite sunnite. La milice islamiste, armée et financée par l’Iran, s’est muée au fil des ans en un mouvement politique doté d’une véritable armée. Elle dispose d’un puissant appareil de propagande et d’un arsenal supérieur à celui de l’armée libanaise.
Nasrallah-Aoun


            Mais si le Hezbollah a enregistré de lourdes pertes en Syrie, ses membres ont essaimé dans tout le Moyen-Orient. Après avoir suivi des entraînements militaires en Iran, ses miliciens agissent en tant que conseillers en Irak pour coordonner, à la demande des Iraniens, les pasdarans iraniens et les autres milices chiites locales, et au Yémen en appui aux rebelles Houthis. Cet éparpillement n’est pas du goût des militants historiques qui souhaitent que le Hezbollah concentre ses efforts sur le problème palestinien et qu’il ne soit pas un outil de terreur au service de l’Iran dans le seul but de bénéficier d’un appui militaire, logistique et financier. Ils pensent qu’il est sorti de sa stratégie initiale d’encadrer une partie de la communauté chiite libanaise, pour créer une force chiite anti-israélienne. 
Hezbollah au Yemen


            Les experts israéliens comptent donc sur un affaiblissement local mais ils ne croient plus que le Hezbollah soit une marionnette iranienne. Il a une armée puissante et s’est imposé dans la vie politique libanaise. Dans les conflits auxquels il a été confronté, s’il n’a pas gagné, il en est sorti plus fort qu’avant la crise à l’instar de la guerre de 2006. Il a une forte capacité de résilience qui lui permet de faire face à ses situations difficiles et de continuer à se développer en dépit de l’adversité. Mais Israël mise sur son incapacité à affronter plusieurs fronts à la fois et prépare son armée.
            Israël ne croit pas au tout-aviation face au Hezbollah. Les soldats israéliens doivent aller à sa recherche, doivent le poursuivre dans ses tunnels et ses blockhaus, doivent le forcer à affronter le combat non pas uniquement en tirant des roquettes sur des populations civiles. La brigade Golani a été chargée de contrer un Hezbollah renforcé et de neutraliser sa menace. De ce fait, Israël modifie en permanence ses matériels militaires pour les adapter au nouveau combat.

            Le Namer a gagné en mobilité puisqu’il peut se déplacer sur tout terrain, en servant de couverture efficace aux fantassins. Il a été équipé de fusils lance-grenades et de canons de 30 mm qui peuvent pénétrer dans les murs à 60 degrés ou plus. Son équipage est capable de détruire une salle pleine de terroristes situés au cinquième étage d'un immeuble. Son champ de tir est passé de 1,5 kilomètre à 5 kms. Il grimpe les pentes escarpées avec facilité et peut surmonter à la fois le terrain montagneux et le tissage entre les structures urbaines. Son système de climatisation intégré offre un confort aux onze soldats qui l'occupent et le manœuvrent. Tout a été conçu pour limiter les pertes humaines qui ont été effectivement élevées en 2006. Les occupants du Namer peuvent voir leur environnement sans sortir et sans exposer leurs têtes à l'extérieur de la tourelle, grâce à des caméras extérieures qui projettent les images sur des écrans à l'intérieur. 

            Lourdement blindé, il sert à transporter les troupes et a été dorénavant intégré à la stratégie de combat. Tout l’intérieur a été revisité pour incorporer la technologie de pointe afin de cadrer avec les impératifs de la guerre moderne. Le système Trophy a été intégré au Namer. Il s’agit d’un système de protection active militaire (APS) pour véhicules qui crée un bouclier protecteur de 360 degrés autour du char. Lorsqu’une roquette est lancée contre un tank équipé du système, ce dernier détecte instantanément la menace et la neutralise en tirant un missile qui détruit le missile antitank. Son but principal est de compléter l'armure des véhicules blindés légers et lourds, très vulnérables aux attaques de roquettes. L’infanterie peut alors se mouvoir avec une distance sécurisée derrière les Namer. De nombreux officiers Golani ont été formés pour commander les escouades Namer.
Système Trophy

            La méthode de combat sur le terrain a été modifiée. Au lieu de quitter le véhicule à quelques centaines de mètres de la cible pour marcher à pied en étant exposés aux tirs ennemis, les combattants sont conduits à une distance minimale par le Namer, armé de mitrailleuses, jusqu'à leur objectif final. Le Namer était auparavant statique car il déchargeait les soldats et attendait leur retour. Aujourd'hui, il les accompagne durant tout le chemin jusqu’à la cible et leur fournit une couverture lorsqu’ils le quittent. Il leur sert à la fois d’élément de défense et d’outil d’attaque durant leur déplacement. Pour limiter l’encombrement, les soldats sont équipés de tablettes à l’intérieur du Namer ce qui leur permet de disposer d’un siège supplémentaire pour éventuellement évacuer un civil.
Shlomi Binder

            Cependant, il ne faut pas se méprendre. Le Namer ne remplacera jamais les hommes, il les aide et les protège. La stratégie Golani a été adaptée pour se mouvoir avec un bataillon à pied sur un flanc et un autre mécanisé avançant en parallèle. Avec ce nouveau matériel, le commandant de la brigade Golani, le Colonel Shlomi Binder, estime que ses soldats et ses officiers sont à présent des combattants prêts à affronter le Hezbollah en toute sécurité et avec efficacité.

NDLR

Les milices sont des forces supplétives. Les miliciens sont des civils formés pour participer à des missions militaires. Les citoyens enrôlés ne sont pas astreints à des périodes d'exercice déterminées. Les miliciens sont souvent constitués de mercenaires uniquement rétribués qui interviennent sans convictions autres que financières. Ils peuvent intervenir en dehors de leur pays et servir pour un autre pays que le leur.


Une armée est une organisation structurée d'hommes et de femmes armés visant à défendre un territoire. Organisée par un État, elle est une institution et ses objectifs sont subordonnés aux objectifs politiques de cet État. Les armées régulières émanent d'un gouvernement légitime dont les membres sont des militaires de carrière ou des conscrits qui effectuent un service militaire. Le contrôle politique sur les armées s'exerce généralement par l'intermédiaire d'un ministère de la défense. L’armée est sous les ordres du pouvoir politique.


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