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samedi 15 juillet 2017

L'Egypte n'arrive pas à endiguer la terreur au Sinaï



L’EGYPTE N’ARRIVE PAS À ENDIGUER LA TERREUR AU SINAÏ

Par Jacques BENILLOUCHE
Copyright © Temps et Contretemps

Point de contrôle égyptien à Rafah
            
          Daesh perd du terrain en Syrie et en Irak mais il se replie vers les pays avoisinants et même en Afrique du nord. Sa branche au Sinaï reste très active et elle se distingue par de nombreuses attaques meurtrières. La dernière a coûté la vie de 26 soldats lors de l’attaque d’un point de contrôle près de Rafah. Les islamistes ont d’abord utilisé une voiture piégée puis une mitrailleuse lourde, le 7 juillet 2017. Parmi les morts figurait un officier de haut rang des forces spéciales, le colonel Ahmed el-Mansi. L'armée égyptienne a riposté en tuant 40 assaillants. Daesh a revendiqué cette attaque en précisant qu’un deuxième kamikaze avait été utilisé dans l'attaque pour frapper un convoi de l'armée envoyé en renfort.



Checkpoint à El-Arish

            L’attentat-suicide a été lancé contre un poste de contrôle dans le complexe militaire du village d’El-Barth, au sud-ouest de Rafah. Les troupes égyptiennes comptaient 60 soldats mais l’unité était trop isolée pour obtenir de l’aide car les renforts les plus proches se trouvaient à une heure de route. Les islamistes ont organisé l’attaque pour détruire d’abord le système de communication militaire, ne laissant que le choix du téléphone portable pour communiquer avec WhatsApp. C’est dire la pauvreté des communications militaires égyptiennes. Après une attaque en Land Cruiser et en motos, les islamistes ont vidé les armes et les munitions du point de contrôle avant de se replier. Le colonel Ahmed Mansi, commandant du bataillon, a été tué pendant que l’armée assiégeait des terroristes dans la mosquée d'Al-Malahi et dans des habitations du village d'Al-Nqizat près de l'aéroport d'Al-Joura.

            Le point de contrôle avait été installé il y a deux mois pour permettre le déploiement des troupes égyptiennes envoyées pour soutenir les tribus armées locales du Tarabeen et pour réduire la ligne d'approvisionnement entre Rafah et le centre du Sinaï. Devant ces échecs répétés, les autorités n’hésitent plus à suggérer l’aide internationale. Le grand imam Ahmed El-Tayyeb a déclaré que «le sang pur des soldats tués sera une malédiction pour ces lâches et leurs partisans à l'échelle nationale et internationale, et ceux qui ont vendu leur religion et trahi leurs nations». Il a souhaité que des efforts internationaux unifiés soient mis en place pour lutter «contre les groupes terroristes et les pays qui les parrainent».
            Jusqu’alors, Daesh avait concentré ses attaques contre la minorité chrétienne égyptienne faisant des dizaines de morts et incitant le président Al-Sissi à déclarer l'état d'urgence dans le pays. De nombreux États ont réagi à cette nouvelle attaque mais en se bornant à des déclarations diplomatiques de soutien sans action concrète. Les Etats-Unis ont assuré se tenir «aux côtés de l'Égypte contre le terrorisme». Déclaration dans le même ton de l’Allemagne qui «partage le chagrin avec les familles des victimes». Pour l’ambassadeur britannique John Casson : «Ces attaques inhumaines, que ce soit en Égypte ou en Angleterre, ne font que renforcer notre détermination à vaincre les terroristes». Le Koweït estime que «tous les efforts devraient être faits pour lutter contre des phénomènes si dangereux qui ciblent l'humanité et la sécurité et la stabilité du monde entier». Les Émirats arabes unis «ont décrit l'attaque comme un nouveau crime qui s'ajoute au dossier noir du terrorisme et des terroristes». La Tunisie réitère son appel à la communauté internationale pour «qu'elle s'attaque aux efforts et intensifie la coordination pour éliminer les sources». Enfin Mahmoud Abbas a condamné l'attaque en précisant qu’il «apportait son soutien au leadership pour la guerre égyptienne contre le terrorisme». Que des belles paroles sans grande conviction et sans courage militaire.
Hamas au Sinaï

            L’étonnant Hamas, dont le soutien aux islamistes du Sinaï est notoirement établi, a condamné l’attaque pour tenter un rapprochement avec l’Égypte «Nous considérons qu'il s'agit d'une attaque criminelle, terroriste et lâche qui ne vise pas que l'Égypte, mais la sécurité et la stabilité de toute la nation arabe».
            Cette insurrection islamiste au Nord-Sinaï s’est intensifiée après la chute du président Morsi. Elle a été organisée par le groupe Ansar Beit al Maqdis, qui a fait allégeance à Daesh en 2014 et baptisé la région de province de Sinaï. Les centaines de membres des forces de sécurité égyptiennes ne sont pas parvenues à éradiquer les islamistes qui, s’ils n’ont pas annexé le territoire du Sinaï, se sont infiltrés autour de Rafah, dans la ville de Cheikh Zoweid et dans la plus grande ville du Sinaï, El-Arish. L'attaque coordonnée près de Rafah prouve que la branche Daesh, basée au Sinaï, est encore capable de défier les forces de sécurité égyptiennes malgré les coups qui lui sont portés en Syrie et en Irak.
            Israël suit les événements avec sérieux car Daesh en Égypte a visé des cibles israéliennes, tels que les gazoducs situés entre Israël, l’Égypte et la Jordanie. Il sait qu’il s’agit d’une puissante organisation terroriste au Sinaï qui a des liens avoués avec le Hamas. Les combattants de Daesh s’entraînent à Gaza avant de repartir dans le Sinaï. Le Hamas fournit l’aide nécessaire pour les entraînements, pour les soins médicaux, pour les transferts des fonds et l’aide à la communication.
Daesh à Gaza

            En 2012, l’armée égyptienne avait aidé Israël en lançant l’Opération Sinaï qui a détruit les tunnels de Gaza reliant le Hamas aux militants situés au Sinaï. Ces mêmes tunnels étaient utilisés pour faire passer des armes vers Gaza pour des attaques organisées contre Israël. Les chefs de Daesh menacent continuellement Israël d’attaques terroristes importantes et Tsahal prend leurs menaces très au sérieux. C’est pourquoi Israël coopère avec l'Égypte contre Daesh en développant une nouvelle politique ces dernières années pour permettre à l'Égypte de renforcer rapidement ses forces dans la péninsule de la péninsule du Sinaï.
Apache au Sinaï


            Le président égyptien Al-Sissi a déclaré, pour la première fois, que 25.000 soldats égyptiens opèrent au Sinaï. Il se sent seul contre les insurgés alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se borne à condamner les attaques en réaffirmant «que le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations constitue l'une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales». L’Égypte est confrontée à d’immenses défis. En plus des troupes, l'armée égyptienne, avec l’accord des Israéliens, a déployé des avions de combat F-16 ainsi que des hélicoptères Apache et des chars dans le nord du Sinaï. Israël, qui considère l'Égypte comme un allié important dans la lutte contre Daesh, entretient des liens étroits pour tout ce qui concerne la sécurité et le renseignement. Tsahal, qui sait que le traité de paix de 1979 limite les forces égyptiennes dans la zone frontalière près d'Israël, accepte les demandes d'augmentation des forces, certes avec précaution. Israël, ces dernières années, a adopté une nouvelle politique pour approuver les demandes beaucoup plus rapidement en reflétant l'amitié croissante et les intérêts communs. 

1 commentaire:

Avraham NATAF a dit…

L'Egypte, pour le moment, n'arrive pas à contrôler l'EI, l'Irak vient d'écraser l'état islamique a Mossoul.Cela prend du temps pour trouver les officiers capables pour mener à la victoire.