ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

mercredi 3 mai 2017

Merci l'Europe par Dov ZERAH



MERCI L’EUROPE

Le point économique de Dov ZERAH


           
Alexis Tsipras
          J’appelle votre attention sur une nouvelle passée quasiment inaperçue, la Grèce renoue avec l’excédent budgétaire, 0,7% en 2016, et même de 3,9% du PIB en excluant le service de la dette. Nous sommes bien au-delà de l’objectif de -0,5% du PIB retenu par la troïka, le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et le mécanisme européen de stabilité.



L'ile de Santorin

            Cela a été possible grâce à des rentrées fiscales plus importantes et à une activité touristique satisfaisante, mais cela résulte aussi de drastiques réductions des dépenses publiques qui sont passées de 95,2 milliards€ en 2015 à 86,1 en 2016. En termes de pourcentage du PIB, la dépense publique est passée de 54,2 à 49%.
            Cela s’est accompagné d’une croissance nulle, d’un taux de chômage qui dépasse les 20%, et d’un «énorme coût social» pour reprendre une déclaration du premier ministre grec, Alexis Tsipras. Cela lui permet de demander un allégement d’une dette publique qui représente encore 180% du PIB. Il est peu probable que les Allemands bougent avant leurs élections de novembre.
            Contrairement à de nombreux commentaires ou pronostics, Alexis Tsipras est en train de réussir sa stratégie de maintien dans l’euro et de rétablissement des comptes grecs. Alors qu’il a été élu sur la sortie de l’euro, qu’il a organisé un referendum pour conforter ce choix, il n’a pas cédé à la facilité. Il a assumé une politique de rigueur pour permettre à la Grèce de rester crédible.
Mariano Rajoy au parlement espagnol.

            Il y a quelques semaines j’abordais le sujet du rattrapage espagnol. Il se confirme avec une croissance soutenue de 0,8% au premier trimestre tirée par les exportations, signe d’une compétitivité retrouvée. Cette évolution permet d’attendre pour les trois prochaines années une croissance annuelle de 2,5%.
            Sans avoir à citer l’Allemagne, les Pays-Bas, ou d’autres pays européens, ces exemples démontrent que l’Europe ne va pas si mal qu’on veut bien le dire.
            En sens inverse, l’économie britannique commence à être touchée par le BREXIT. Après avoir résisté grâce à une activité soutenue, le rythme de croissance s’est réduit de moitié au premier trimestre avec 0,3% contre 0,7. Certains sièges sociaux commencent à quitter le pays. Pour compenser la fin de l’accès automatique au marché européen, le gouvernement britannique cherche des alliés, des partenaires commerciaux, à nouer des accords de libre-échange.

            Qui peut croire et défendre qu’en fermant ses frontières un pays peut continuer à exporter ? Comment un pays peut-il laisser entrer sur son marché des biens et services venant d’un pays ayant érigé des barrières douanières ?
            Il a fallu 100 jours à Donald Trump pour changer d’avis sur la Chine ou pour annoncer qu’il renégociera l’ALENA, sans fondamentalement remettre en cause cet accord de libre-échange. Si nous voulons encore essayer d’écrire l’histoire, il est urgent de définir une plate-forme européenne. Si nous souhaitons éviter la marginalisation, cette feuille de route devrait au minimum comprendre :
L’approfondissement de la gouvernance de l’Union européenne et de la zone euro, notamment par une véritable politique fiscale commune, un réexamen du pacte de stabilité et de croissance
- Le développement de l’Europe de la défense. L’Europe doit développer une politique globale de défense, avec toutes les composantes armées, des industries de l’armement et une dépense militaire représentant au moins 2% du PIB.
Le renforcement de la sécurité intérieure de l’espace européen. L’Europe doit renforcer la protection de son territoire, non pour le fermer, mais pour permettre la meilleure intégration des migrants. Quand on voit les risques que les candidats à l’immigration sont prêts à prendre, les difficultés auxquels certains pays, comme la Grèce et l’Italie, sont confrontés, l’Europe doit simultanément se protéger, intégrer et aider le Sud. Et l’Europe doit s’unir pour éradiquer la menace terroriste intérieure impliquant ses propres citoyens.
La mise en place de partenariats stratégiques tant avec le monde arabe qu’avec l’Afrique sub-saharienne, avec l’ambition de redevenir le centre de gravité du monde.
Une nouvelle impulsion à l’Europe de la connaissance, lancée il y a une quinzaine d’années à Lisbonne, ainsi qu’à la réindustrialisation.
- Le renforcement du marché unique notamment avec la détermination d’un modèle européen de développement durable et une véritable politique commune de l’énergie.
- Le réexamen de la position vis-à-vis de la Russie, et la clarification de l’attitude vis-à-vis de la Turquie.

            Les responsables européens ont de nombreux et difficiles chantiers. Il en va de la paix sur le continent, de sa prospérité. Il faut, par-dessus tout éviter l’engrenage des nationalismes et du repli sur soi qui ont conduit à la guerre. De 843 et le Traité de Verdun qui entérine le partage de l’Empire de Charlemagne à 1945, l’Europe n’a connu que des guerres malgré les liens entre les familles royales, le partage d’une même religion…. 1.000 ans de guerres avec en apothéose les deux guerres mondiales qui s’apparentent à des guerres civiles dans lesquelles l’Europe a perdu sa suprématie et son envie d’écrire l’Histoire.

1 commentaire:

V. Jabeau a dit…

Magnifique et clair exposé, que bien des journalistes pourraient reprendre. C'est avec cela qu'on combattra le FN et autres mouvements politiques nauséabonds.
L'exemple de Tsipras est remarquable : un vrai Mélanchon au début, un chef d,État à présent qui remet petit à petit son pays sur les rails, et qui en plus a choisi - pour des raisons de gaz il est vrai - une alliance stratégique avec Israël. Il faudrait un jour, M. Benillouche, expliciter les rapports israélo-grecs.