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mercredi 26 avril 2017

Vers un rebond chinois par Dov ZERAH



VERS UN REBOND CHINOIS ?


Le point économique de Dov ZERAH


            
          Pour la première fois depuis trois ans, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse sa prévision de croissance mondiale de 3,4 à 3,5 % pour 2017. Cette révision tient en grande partie à celle concernant la Chine dont la prévision passe de 6,2 à 6,6 % en 2017. Après 6,7 % en 2016, la plus faible performance du pays depuis 26 ans. C’est la production industrielle qui permet au FMI d’être plus optimiste pour la Chine. Cette évolution est importante car la croissance doit atteindre au moins 6,5% par an sur la période 2016-2020 pour que soit tenu l'objectif officiel d'un doublement du revenu par habitant par rapport aux niveaux de 2010.




A Pékin, des ouvriers devant une affiche de propagande vantant le «rêve chinois»

            C’est aussi un signal positif et apprécié par les marchés, car de nombreux observateurs sont inquiets et appréhendent une grave crise chinoise à cause de :
- L’endettement public et privé record du pays, 255% du PIB en 2015, contre 184% en Allemagne
- Ses bulles immobilières alimentées par des baisses régulières du coût du crédit depuis 2014, et par la mise sur le marché par la Banque centrale d’énormes liquidités
- Les difficultés de ses entreprises publiques
- La fragilité des banques avec d’importantes créances irrécouvrables
- D’importantes sorties de capitaux. Après avoir culminé à près de 4.000 milliards$ en 2014, les réserves de changes du pays sont tombées à moins de 3.000 milliards$…
            Selon une étude du FMI intitulée «Perspectives économiques mondiales», et publiée en octobre dernier, un crash de l'économie chinoise entraînerait une baisse totale de 1,5 % du PIB mondial. La Chine représente 17,3% du PIB mondial en parité de pouvoir d'achat. De nombreux pays seraient durement touchés par une crise chinoise :
- Cinq pays riches en ressources naturelles, Australie, Brésil, Canada, Nouvelle-Zélande et Russie sont dépendants de la Chine du fait de l'utilisation intensive des matières premières
- Six pays asiatiques, Corée du Sud, Indonésie, Japon, Philippines, Taiwan et Thaïlande, ont le marché chinois comme débouché majeur.
Li Keqiang

            L’Empire du Milieu dispose de la stratégie et de la volonté nécessaires de se transformer. La feuille de route macro-économique de la Chine pour 2017 a été dernièrement rappelé par le premier ministre chinois, Li Keqiang :
Assurer une bonne marche de l'économie, avec une politique budgétaire proactive. 355 milliards€ dans des projets ferroviaires, d'autoroutes et de voies fluviales. L'objectif de déficit budgétaire est maintenu à 3 % du PIB pour 2017, inchangé par rapport à l'an dernier. Déjà en 2008, les autorités avaient lancé un plan de relance de 461 milliards€, en partie responsable des surcapacités de l’industrie chinoise.
Améliorer la qualité de la croissance pour qu’elle soit moins énergétivore et préjudiciable à l’environnement, et assurer une réorientation du modèle de développement chinois en une société de consommation basée sur les services, capable de déjouer les grosses difficultés cycliques. Les services qui représentaient plus de la moitié du PIB en 2016, et par la consommation des ménages, en hausse de 10,4 % en 2016
Inciter les banques à financer les firmes privées plutôt que les groupes publics et les placements spéculatifs
Prévenir la bulle immobilière, avec une politique monétaire plus prudente. L'objectif d'inflation des prix à la consommation a été maintenu à un niveau inchangé de 3 % pour l'année.
Limiter les surcapacités de production d’acier de 50 millions de tonnes en 2017, et de 150 millions de tonnes de charbon
Lutter contre la corruption, ce qui a entraîné la mise à l’écart de nombreux dirigeants, voire barons du régime et une concentration du pouvoir 
            Mais, la situation des sociétés d’État n’a pas évolué. Très endettées, elles sont prédominantes dans de nombreux secteurs stratégiques, l’énergie, la défense ou les télécommunications. Certaines d’entre elles sont déficitaires et ne s’en sortent que par les subventions publiques. Les autorités encouragent les fusions, comme celle qui a donné naissance, en décembre 2016, au Baowu Steel Group, le second mondial de l’acier. À la fin des années 90, des millions d’emplois ont disparu dans des regroupements.

            Pour limiter le coût social des fermetures, fusions, et réductions des capacités, les autorités ont mis en place des programmes de formation et placement des employés victimes, un demi-million de Chinois pour 2017. Espérons que ce rebond soit durable. Il en va de la croissance de l’économie mondiale.

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