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mercredi 19 avril 2017

Toilettage de l'UOIF, leurre des réseaux islamistes




TOILETTAGE DE L'UOIF, LEURRE DES RÉSEAUX ISLAMISTES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

            
Anouar Kbibech, Dalil Boubakeur et Amar Lasfar

          La sémantique est importante en politique quand on veut faire croire qu’on a changé alors que les Musulmans de France maintiennent leur course à la radicalisation. Le CFCM (Conseil français du culte musulman) imposé par Nicolas Sarkozy à l’image du Consistoire juif, a depuis longtemps enfourché les thèses de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) qui a refusé de faire partie du CFCM.



Amar Lasfar président UOIF

            La 34ème rencontre de l’UOIF, présidée par Amar Lasfar, qui a eu lieu du 14 au 17 avril 2017, était axée sur l’élection présidentielle française : «de l'indécision à l'abstention, le dilemme des musulmans à la présidentielle ». L’Union des organisations islamiques de France, créée en 1983, a adopté une nouvelle dénomination pour se démarquer des Frères musulmans, dont le mouvement est issu. Il fallait se défaire de la qualification «islamiques» qui a pris une connotation radicale. L’UOIF s’appelle désormais «Musulmans de France». Il s’agit d’un toilettage qui ne change rien à l’idéologie de fond d’une organisation islamiste qui ne peut effacer sa proximité avec les Frères musulmans.
            L’UOIF, qui n’a pas participé aux dernières élections, n’a jamais voulu intégrer le CFCM car elle se considère avant tout comme un mouvement islamiste politisé. C’est d’ailleurs de ses rangs que sont sortis les terroristes Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly. L’UOIF, qui avait claqué la porte du CFCM en 2013, semble vouloir aujourd’hui réintégrer l’instance mais son président depuis le 30 juin 2015, Anouar Kbibech, ne semble pas pressé de l'accueillir tant qu’elle ne fait pas allégeance au Conseil. 
          En revanche, ils se retrouvent pour exiger la construction de nouvelles mosquées regroupant les dizaines de lieux de culte installés dans des caves ou des garages pour mieux contrôler les prêches et les financiers ainsi que l’infiltration des terroristes.  Certains hommes politiques prétendent que la pénurie de mosquées est à l’origine de la radicalisation islamique.
Mosquée de Fréjus

            Les Israéliens s’étonnent que la France découvre depuis peu le risque terroriste alors qu’ils avaient mis en garde les Français dans le cadre d’échanges entre services de renseignements. Les Israéliens connaissent parfaitement cette mouvance, ayant pris naissance en 1962, parce que le Mossad l’avait infiltrée pour atteindre les services égyptiens et syriens. Les islamistes agissent en toute liberté depuis un demi-siècle en s’appuyant sur les règles de la démocratie occidentale
            L’implantation islamiste et l’introduction du fondamentalisme en France ont été le fait des Tunisiens qui sont d’ailleurs aujourd’hui ceux qui exportent le plus de djihadistes. L’UOIF, créée en 1983 sous forme d’association religieuse, s’est transformée progressivement en groupe politique, préparant la tête de pont d’un islam mondial pur et dur. Au cours de l’année 1962, quelques étudiants groupés autour de l’A.E.I.F (association des étudiants islamiques de France) et n’ayant au départ aucune stratégie de prosélytisme, ont obtenu des résultats inespérés dans le cadre d’une stratégie à long terme. Le Mossad, intéressé à cette époque à ficher les activistes arabes du Proche-Orient, avait infiltré le milieu étudiant, terreau des futurs dirigeants arabes, afin de comprendre et de contrer la stratégie planifiée par ces groupes naissants.
Centre culturel boulevard Saint-Michel

            L’AEIF avait vu le jour sous l’impulsion de Mohamed Hamidullah, au centre culturel arabe du boulevard Saint Michel, en plein Quartier Latin. Cette entité, émanation radicale des Frères Musulmans syriens, était contrôlée par de pseudo-étudiants dont l’allure et l’âge ne faisaient pas illusion, en permanence pistés par le Mossad qui se doutait que les Syriens n’étaient pas uniquement en France pour des raisons universitaires. 
Ahmed Jaballah

          Des étudiants tunisiens menés par Ahmed Jaballah, mandaté par le parti islamique tunisien MTI (mouvement de la tendance islamique) pour implanter des cellules en France, sont alors noyautés par les Égyptiens qui les poussent à s’inscrire à l’AEIF afin de bouter, hors de l’association, le courant majoritaire syrien. La tentative fut un échec et entraîna de ce fait la scission du groupe par la création en 1979 du G.I.F (groupement islamique de France). La politique répressive du président Bourguiba allait faire le reste en permettant aux nombreux militants islamistes, poursuivis en Tunisie, de venir se réfugier en France dès 1981 pour grossir les rangs du G.I.F.
            À compter de cette date, le groupe s’organisa alors en une structure unique, l’UOIF, en politisant un mouvement qui n’était encore qu’une entité confidentielle. Les Tunisiens contrôlaient toutes les instances puisque le président Ahmed Jaballah et le secrétaire général Abdallah Ben Mansour avaient pris en main les destinées de ce qui n’était alors que la branche française du parti islamiste tunisien. Cette structure avait pour ambition de représenter, seule, l’islam en France mais son audience resta longtemps marginale. Les Tunisiens, gênés dans leur action par les répressions en masse que leur faisait subir leur gouvernement, finiront par céder leur place en 1995 à des Marocains, au moment même où de nombreux attentats étaient organisés en France. Fouad Alaoui, le nouveau responsable, comprit judicieusement qu’il devait jouer la carte de notable modéré, respectueux de la loi, afin d’obtenir les bonnes grâces de l’administration française.
Fouad Alaoui

            Il décida alors de réorienter la stratégie de l’UOIF en l’impliquant dans le développement d’un islam de proximité et d’un mouvement religieux de masse. Il apprit des Frères musulmans les méthodes d’encadrement et transforma progressivement son union en un véritable parti grâce à la mise en place de bases fortement politiques. Les dirigeants ont alors créé des réseaux dormants prêts à être activés sur ordre, comme cela a été constaté durant ces dernières semaines.
            La France est alors divisée en huit régions dirigées par un responsable local prenant ses ordres à Paris. L’UOIF a ouvert une trentaine de centres cultuels, pris le pouvoir dans les mosquées de Lille et de Bordeaux, s’est attaqué à la jeunesse en créant l’association des Jeunes Musulmans, aux étudiants avec l’association des Étudiants Musulmans et aux femmes avec la Ligue Française des Femmes Musulmanes. Cette prise de pouvoir progressive fabriqua alors un État dans l’État, inspiré des méthodes des Frères Musulmans, agissant ouvertement sous couvert d’une existence légale démocratique.
          Forte de cette puissance, l’UOIF quitta alors le monde associatif pour entrer de plein pied dans la politique avec son Comité de Bienfaisance et de Soutien à la Palestine prouvant ainsi que l’organisation n’était plus ouvertement d’essence cultuelle. La boucle était bouclée et les masques tombèrent.
            La religion, qui n’était qu’un alibi pour conquérir par l’islam tous les musulmans de France, devenait le moteur d’une action politique qui n’avait plus vocation à diffuser uniquement la voix des imams. Les islamistes passèrent ainsi du stade artisanal au stade industriel. Ils comprirent alors qu’ils devaient se défaire de l’image de petits barbus incultes, récitant par cœur les sourates du Coran, et favoriser l’élévation du niveau intellectuel de leurs leaders. Les dirigeants, en majorité marocains, firent alors appel à des prétendus étudiants du Moyen-Orient, venus parfaire leur niveau universitaire en France mais, en fait, formateurs politiques issus des rangs des Frères Musulmans. Leur image se positive. Le président Thami Brèze est titulaire d’un doctorat de sciences politiques, le secrétaire général Fouad Alaoui est docteur en neuropsychologie, tandis que le secrétaire adjoint Okacha ben Ahmed est docteur en informatique.
Tariq Ramadan

            Cependant cette stratégie de dirigeants diplômés a paradoxalement indisposé la base, souvent inculte, et a joué le rôle de repoussoir parmi des militants, issus essentiellement des classes populaires, qui avaient du mal à s’identifier aux lettrés qu’ils accusaient de constituer une nouvelle nomenklatura. Mais la grogne n’était pas perdue pour tout le monde puisque les déçus ont fini par rejoindre le mouvement plus radical de Tariq Ramadan qui défend la vision originale du fondateur des Frères Musulmans Hassan El Banna : «Certains pensent, à tort, que l’islam se limite à une pratique religieuse spirituelle et dévote. Quant à nous, nous considérons l’islam comme régissant aussi bien le temporel que le spirituel». Le ton est donné. Cette frange de contestataires n’attendait plus qu’un déclic ne vienne les entraîner dans un combat plus violent pour l’islamisation du pays par la force.
            L’UOIF joua alors deux rôles contradictoires. D’une part, elle prépara le retour des islamistes au Maghreb d’où ils étaient pourchassés. Certains sont d’ailleurs retournés pour animer la révolution tunisienne de 2011. D’autre part, elle activa l’islamisation de la communauté française. Mais la transformation en parti politique implique un financement indispensable puisque l’UOIF avoue officiellement un budget annuel de deux millions d’euros, montant bien loin de la réalité. Les cotisations des militants de base ne suffisent pas à couvrir un budget à la hauteur des prétentions du parti. L’appel aux contributions étrangères de l’Arabie Saoudite et des Émirats du Golfe imposera des contreparties idéologiques quand il ne s’agira pas d’actions militantes sanglantes.
Djihadistes français

            Le règne de l’argent soumet ainsi les militants à un intégrisme radical, les noie dans la démagogie et le populisme et pousse les jeunes vers un salafisme dangereux. La France, ainsi maillée par des réseaux islamistes qui parviennent à s’insérer dans le paysage politique, a orienté sa politique pour s’acheter une immunité contre les troubles et les attentats. Mais certains prétendus imams venus de l’étranger, du Pakistan même, prêchent en toute liberté la haine et le djihad et ont fini par mettre la République en danger. Ils ont même réussi l’islamisation forcée d’une certaine frange de la population chrétienne en difficulté, fragile et vulnérable. L’islam est devenu le terreau de l’islamisme et l’islamisme le terreau du terrorisme.

            Le changement de nom de l’UOIF est un leurre qui ne masquera jamais la part active de cette organisation dans l’islamisation de la France et dans la lutte par tous moyens contre la présence juive en terre sainte et pour le «Tamkine» global, à savoir la suprématie de l'islam des Frères sur tous les autres islams et sur toutes les autres religions.

1 commentaire:

Hamdellah ABRAZ a dit…

L'entrisme, la sournoiserie... l'activisme sous le couvert de l'Islam, aidés, sans limite, en la circonstance par un pouvoir nationalo-fascisant dès 1980 en Algérie.... nous ont conduit à une guerre civile : 200 000 morts et une quarantaine d'années de régression touchant tous les segments de la vie de la Société algérienne. En Occident notamment en France, l'on continue de sous estimer ce danger mortel à toute civilisation humaine, qu'est l'islamisme, un totalitarisme pire que tous ceux que l'Europe a vécus durant le siècle dernier. Le slogan de " dine oua douala" - en arabe "religion et Etat", de l'islamisme représente à lui seul les pires situations vécues par les gens dans le passé en l'occurrence, vivre sous un pouvoir de dictature, de despotisme... se voulant incarner à la fois : le pain, le bâton et Dieu. C'est l'horreur au quotidien !!! l'on a vécu quelques prémisses déjà 1980, et ça continue certes de façon assez atténuée grâce à une lutte menée de pied ferme, par les Algériens, de l'Algérie profonde, voulant rester toujours debout ...