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mercredi 8 mars 2017

Violence par Claude MEILLET



VIOLENCE

L'opinion de Claude MEILLET

copyright © Temps et Contretemps

            

          Tout d’abord, «scotchés» devant l’écran de télévision. Jonathan et ses voisins de table se regardaient, effarés, incrédules. L’intensité, la brutalité, l’agressivité de la déclaration d’un candidat à la présidence de la République, contre la justice du pays qu’il voulait représenter, les laissaient tous sans voix. Sur le coup. Car, bien sûr, le naturel reprenant le dessus, le débat, féroce, s’engagea.



            Ensuite, effaré, incrédule de nouveau, il assistait au spectacle du candidat, seul contre tous. Lâché en rase campagne par ses compagnons, égrenant l’un derrière l’autre non plus leur affection mais leur défection. «S’il n’en reste qu’un je serai celui-là». Il avait beau avoir appris, depuis le temps, que ce qu’il fallait retenir de la théorie du «bon sauvage» de Rousseau, était le mot sauvage, ce degré de violence du combat politique le laissait vraiment pantois. C’est Shakespeare tout entier, se dit-il.
            Il est vrai que le champ politique est beaucoup plus un champ de bataille qu’un lieu champêtre où fleurissent les pensées apaisées et le pur affrontement intellectuel. Sous la lentille amplificatrice, toute puissante des médias, l’un brandit l’étendard «America first», l’autre assassine méthodiquement ses opposants, les droites veulent annihiler les gauches et les gauches effacer les droites.
            Il est tout aussi vrai que la religion, ayant vocation à sauver les âmes, s’en détourne avec une constance remarquable à travers les temps, pour provoquer la destruction des corps. En commençant par les récits de massacres en boucle distillés par les Livres dit Saints. Suivis par la chaine sans fin des guerres de religion, ressourcées au décuple par les nostalgiques du califat islamique.
            Les tenants de la sélectivité ethnique de la société sont loin d’être en retard de sauvagerie par rapport à leurs concurrents. La chasse sanglante des Blacks par les sectes de type Klu Klux Klan, a trouvé sa culmination abominable et inimaginable avec la Shoah, s’est poursuivi avec les massacres du Rwanda, les guerres ethniques du Kosovo, du Soudan….
            Les guerres, pensa Jonathan, ne sont après tout, que la violence des hommes portée à son point ultime par l’intermédiaire des armes. Et en l’occurrence, elle est bien servie. Rien, de ce point de vue ne vaut la bombe atomique. Mais l’imagination et l’expertise technologique et industrielle combinées, ont permis d’inonder d’armes la planète entière. Chaque forme de violence peut y trouver son expression et sa meilleure efficacité.
            Sans compter pour nulle, la forme feutrée que peut également prendre cette violence. La portée universelle d’internet, la vascularisation de la société par les réseaux dits sociaux, devenant facilement anti sociaux, l’infusion de rumeurs dans les médias, toutes les violences du monde y trouvent leur relais. Encore que…finit par réagir Jonathan.
            L’usage d’Internet, la fréquentation de Facebook, devenus quasi permanents via l’invasion de téléphones portables, ouvrent des voies de résistance. Instruments de la violence, ils sont aussi porteurs d’humanité. Quand la violence provient de la méconnaissance, ce qui est probablement une grande partie des cas, le smart phone, l’ordinateur, constituent le rempart de l’information. Et de la formation. Les Moocs, les sites web, les librairies multiples et variées, participent à enlever à la violence un de ses principaux foyer de naissance et de prospérité.
            Les jeunes générations, aussi. Elles sont déjà moins dupes. Elles le deviendront de moins en moins. Leur niveau d’éducation, donc de connaissance s’accroit. Le sauvage se perpétuera dans l’espèce, mais, avec un peu de chance, en étant de plus en plus contrôlé, maîtrisé. Et puis…Les femmes.  Des millénaires d’injustice et d’asservissements sont en train d’être corrigés. Inégalement selon les lieux, les types de société. Mais, irrésistiblement. Quand elles s’y mettent, se prit à penser, «masculinement», Jonathan.  En apportant à la vie publique leur réalisme, leur volonté, leur soif de libre arbitre, leur détestation de la violence, la prééminence qu’elles accordent à la vie.
            Il reste des raisons d’espérer, se dit-il.
            La femme est une plus forte.
       Louis Aragon nous l’a prédit, «la femme est l’avenir de l’homme».


2 commentaires:

sultana a dit…

la référence à Aragon et à sa réflexion sur les femmes "avenir de l'homme" est mal venue, s'il était vivant aujourd'hui il serait dans le camp de l'islam tortionnaires congénital des femmes en train de nous beugler "pasdamalgame"

quant à la violence qui se repend , un jour, il me semble, a surgi de notre communauté, un type qui a dit "nous sommes tous frères" meilleur moyen de nous désarmer quand un type qu'on ne peut même plus appeler "ennemi" sans se faire injurier et vouer aux gémonies arrive vers nous ou nos enfants brandissant un couteau car qui aura le courage de lever la main sur ce frère là ??

quant à Fillon , pour l'instant , il est le seul des candidats à parler de nous protéger, justement, de ce "frère là"
alors, vous m'excuserez si en plus je vous rappelle le coup d’État -car cela en est un, de la gauche qui forte de l’expérience américaine, préfère se débarrasser des candidats de l'opposition avant l’élection !
cora sultana de paillette

Véronique Allouche a dit…

..... Louis Aragon nous l’a prédit, «la femme est l’avenir de l’homme".
Mais Jonathan, entrant dans son HLM repeint à neuf et aussitôt tagué, passsa devant cet ascenseur en panne depuis des lustres, et se dit en montant les escaliers qu'Aragon s'était trompé et que la femme ne sera jamais l'avenir de l'homme.
Avec un peu de tristesse et d'amertume, il se souvint du temps béni où les Benoîte Groult, les Simone de Beauvoir, les Simone Veil avaient tant lutté pour les femmes et dont aujourd'hui leurs paroles et leurs actes se perdent dans une indifférence consternante.
Merci à l'auteur de nous donner à lire un Jonathan ouvert sur le réel de nos sociétés en manque de lucidité et d'amour.
Merci à l'auteur même si je ne partage pas son optimisme car les raisons d'espérer s'amenuisent avec le temps.
Bien cordialement