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mardi 28 mars 2017

Friedman et Greenblatt, jokers juifs de Trump



FRIEDMAN ET GREENBLATT, JOKERS JUIFS DE TRUMP

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps

           
Prestation de serment du nouvel ambassadeur

          David Melech Friedman vient d’être agréé par le Sénat américain comme nouvel ambassadeur des États-Unis en Israël, par une majorité de Républicains, 52 voix contre 46. Seuls deux démocrates, Bob Menendez et Joe Manchin ont voté en sa faveur. Il devrait prendre rapidement son poste dans les jours qui viennent. Il avait été désigné par Donald Trump le premier jour de sa prise de fonction dans le cadre d’une décision pleine de symboles à l’égard d’Israël.



            Conseiller de Trump durant la campagne électorale, cet expert en procédures de faillite des entreprises, David M. Friedman du cabinet d'avocats Kassovitz, est chroniqueur régulier au site d’informations Israël National News (Aroutz-7). Il travaille avec Trump depuis 15 ans et il s’est occupé des entreprises du groupe, à Atlantic City. Il conseille Trump pour les affaires israéliennes. Déjà pendant la campagne, il était le candidat désigné pour occuper le poste d’ambassadeur en Israël avec des positions tranchées sur le conflit israélien, sachant qu’il est sceptique sur la solution à deux États. Il préside les Amis américains de Beth El, une implantation controversée de Cisjordanie située au nord de Ramallah.
            Friedman est propriétaire d’un logement en Israël et a une approche très précise sur l’avenir des implantations : «Quand Hillary Clinton et Barack Obama disent que les colonies sont illégales, ce n’est pas une position neutre». C'est justement lui qui a préconisé à Trump d’adopter une approche plus «neutre» dans le conflit israélo-palestinien. Mais pour lui la neutralité signifie qu’il faut organiser des discussions de paix sans imposer de conditions préalables à chacune des parties. Par ailleurs, il est formel sur BDS qui est pour lui un mouvement antisémite.

            Friedman est à présent chargé de démanteler l’héritage Obama fait d’hostilité à l’égard d’Israël et de renouer les liens distendus avec Benjamin Netanyahou. On attend son premier acte politique avec le transfert, non encore planifié, de l’Ambassade des États-Unis située à la rue Ha Yarkon en plein centre de Tel-Aviv. Il envisage de renoncer à la résidence habituelle des ambassadeurs américains, face à la mer, dans les hauteurs de Herzlia Pitouah, quartier chic des millionnaires israéliens, pour s’installer dans son appartement personnel de Jérusalem.
            Sa nomination n’a pas été de tout repos puisqu’il a dû s’excuser auprès du Sénat, le 16 février, pour ses déclarations jugées «sionistes», certaines faites par écrit. Les partisans démocrates pro-israéliens ne lui ont pas apporté leur soutien au Sénat car il s’était opposé au principe de la solution à deux États et avait fortement critiqué les membres du lobby J. Street.

            Jason Dov Greenblatt est conseiller du président Trump sur les questions internationales. Il travaille pour le président depuis 19 ans, traitant exclusivement de l'immobilier et des questions de société avec le titre de vice-président exécutif et directeur juridique.  Il avait rejoint l’équipe électorale en tant que conseiller juridique et conseiller pour les affaires juives et israéliennes. Il sert de liaison avec la communauté juive. A 49 ans, il dispose d’un CV inhabituel pour un conseiller présidentiel pour les affaires du Moyen-Orient. Père de six enfants, vivant au New-Jersey, il porte sa kippa au travail.
Yeshiva

            Il suit de manière quotidienne les informations en provenance d’Israël. Comme beaucoup de jeunes Juifs américains avant leur entrée à l’Université, il a été étudiant d'école talmudique dans les années 1980 à la Yeshiva Har Etsion située dans une implantation de Cisjordanie, près de Jérusalem. Il a été de ceux qui ont préparé le discours de Trump en mars, à la conférence à Washington de l'AIPAC, le lobby pro-israélien.
            Les positions de Greenblatt sur Israël sont celles de son patron. Il soutient une solution à deux États, si elle est choisie par les parties elles-mêmes et non imposée par un organisme extérieur comme les Nations Unies. Il pense que Trump est un «facilitateur incroyable» capable de relancer les pourparlers de paix. Pour forcer les Palestiniens à s’asseoir à la table des négociations, il prône de geler le financement américain de l'Autorité palestinienne. Il croit que les négociations israélo-palestiniennes peuvent être traitées de façon similaire aux négociations immobilières, avec l'argent comme une incitation principale. Ce serait la première incursion réelle en politique de Greenblatt qui n'avait pas voté aux élections primaires, car il n’était pas enregistré en tant que républicain.
            Élevé dans un quartier orthodoxe de Queens, Greenblatt est un produit des écoles orthodoxes juives. Il est allé à l'école secondaire de l'Université Yeshiva, à l'Académie talmudique Marsha Stern, puis à Yeshiva College après une année d'études dans la Yeshiva de Cisjordanie. Il a obtenu son diplôme en droit de l'Université de New York.
            Greenblatt affirme que Trump a été extrêmement compréhensif pour ses besoins religieux, le shabbat et les jours de fêtes, précisant qu’à l’occasion d’une négociation complexe il avait tout arrêté pour une fête juive de trois jours. Il se considère très chanceux de pouvoir jouer un rôle historique pour Israël : «Je suis dans cette position étonnante unique où je pourrais être en mesure d'aider un pays comme Israël que j'aime si profondément en étant là où je suis».

            En tant que conseiller du président, il vient d’organiser une tournée en Israël et à Ramallah où il a rencontré Benjamin Netanyahou et Mahmoud Abbas. Trump avait auparavant préparé le terrain en invitant à la Maison Blanche le président de l’Autorité. On reste très discret en Israël sur le contenu des entretiens avec l’envoyé spécial sachant que les constructions dans les implantations sont une source constante de tension entre Israéliens et Américains. 

          Ce silence est interprété comme une inquiétude que le journaliste Chemi Shalev de Haaretz explique : «Messie élu par miracle divin pour délivrer Israël des injustices commises par son prédécesseur, Trump pourrait se révéler être le pire cauchemar de l'aile droite israélienne». Certains observateurs ont brandi le manque d’expérience diplomatique de l'envoyé américain pour qualifier sa mission de difficile. Les Israéliens commencent à avoir des doutes sur la stratégie de Trump qui pourrait évoluer. Ils ont remarqué l’éloge faite à Mahmoud Abbas pour son geste d'assister aux funérailles de Shimon Pérès.
Mark Toner


            Jason Greenblatt avait pour mission d’évaluer les chances d’un rétablissement de la paix. Mark Toner, porte-parole du département d’État a précisé qu’«Il est vraiment là pour écouter les deux côtés et savoir comment ils perçoivent les moyens de faire avancer le processus de paix. Je ne pense pas qu’il faille s’attendre à de grandes évolutions à l’occasion de ce voyage. Le Président a souligné sa conviction personnelle que la paix est possible et que le temps est venu de concrétiser. Le Président a noté que cette concrétisation ne serait pas seulement de donner aux Israéliens et aux Palestiniens la paix et la sécurité qu'ils méritent, mais de la répercuter positivement dans toute la région et le monde».

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