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lundi 6 mars 2017

Fillon n'en démord pas, il s'accroche par Gérard AKOUN



FILLON N’EN DÉMORD PAS, IL S’ACCROCHE

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
            

          François Fillon devait effectuer, hier matin, la visite obligée du Salon de l’Agriculture que s’imposent tous les candidats à l’élection présidentielle. Une visite, d’autant plus nécessaire, que le monde agricole, qui vote traditionnellement, à droite, s’en détourne au profit du Front National. Jugez donc de la surprise générale, quand on apprit vers  8 heures du matin qu’il reportait  sa visite et qu’il convoquait, pour midi, une conférence de presse.




            Que pouvait-il avoir à déclarer alors que des bruits courraient sur son éventuelle mise en examen, si ce n’est le retrait de sa candidature dans la couse à l’Elysée ? Je pense que cette hypothèse a été la plus crédible toute la matinée ; n’avait-il pas déclaré, lui-même que «seule une mise en examen le forcerait à se retirer», ajoutant «Qui imagine le général De Gaulle mis en examen ?». François Fillon se réclamait du gaullisme : «être gaulliste, c’est une conception du pouvoir et singulièrement de la fonction présidentielle, le président de la République ne devrait pas être un président de faits divers. On ne peut pas diriger la France  si on n’est pas irréprochable» avait il précisé pendant les primaires de la droite.
            Cette hypothèse n’était pas la bonne : François Fillon a convié la presse pour confirmer qu’il était convoqué le 15 mars en vue  de sa mise en examen mais a-t’il dit «Je ne céderai pas, je ne me retirerai pas»  L’attaque étant la meilleure des défenses,  il a dénoncé une enquête à charge des juges pour l’empêcher de  se présenter: «au-delà de sa personne» excusez du peu, «c’est la démocratie qui est attaquée» ; il est victime d’un acharnement politique, «c’est un assassinat, mais ce n’est pas moi seulement qu’on assassine, c’est l’élection  présidentielle, c’est la liberté du  suffrage et la démocratie qui sont violemment percutés». Il appelle à la résistance, comme  De Gaulle l’avait fait pour une cause plus noble. Fillon en appelle au peuple pour le soutenir, contre les juges, mais aussi «contre le gouvernement qu’il accuse de laisser s’installer un climat de guerre civile», de comploter contre lui et le meilleur soutien, que pourrait lui apporter le peuple, serait de l’adouber en votant pour lui.
            Pendant quelques semaines à l’issue des primaires de la droite, fort des quatre millions de voix obtenues, Fillon s’est vu président, il se projetait déjà dans le second tour, triomphant de son adversaire de gauche ou d’extrême-droite. La voie était toute tracée avant que n’éclate le scandale des emplois, présumés fictifs, de sa femme et de ses enfants. Il considère que la fonction présidentielle lui est toujours dévolue. Il ne peut se faire à l’idée qu’il puisse la perdre pour quelques peccadilles, à ses yeux, de peu d’importance, alors qu’il était arrivé si prés du but. Il continuera à  se battre pour être Président. En appelant au peuple, contre la justice, alors qu’elle ne fait qu’appliquer la loi, François Fillon délégitime la justice, et renforce le climat de défiance vis-à-vis des élites, vis à vis «du système», sans se soucier des conséquences pour la démocratie, pour l’État de droit.

            Il porte les mêmes attaques que Marine Le Pen mais peu lui importe, il joue sa dernière carte : l’onction par le vote populaire. Il lui faut donc rester candidat et pour cela, contraindre les responsables de la droite et du centre à le soutenir jusqu’au bout, alors que beaucoup d’entre eux considèrent qu’il les conduit à un échec certain. Ce n’est pas gagné. Un certain nombre de responsables le lâchent parce qu’il n’a pas respecté son engagement de se retirer s’il était mis en examen. C’est le cas de  Bruno  Le Maire qui  a démissionné de ses fonctions de représentant pour les affaires européennes et internationales auprès de François Fillon. Quelques élus républicains en font déjà autant pour les mêmes raisons. Le parti centriste l’UDI a suspendu sa participation  à la campagne de François Fillon.  D’autres défections  suivront, pour ne pas participer à un suicide collectif, mais la majorité devrait  continuer à le soutenir faute d’avoir, encore, trouvé un candidat de substitution qui fasse l’unanimité.


            François Fillon, quant à lui, n’en démord pas, il ne se retirera pas, il ne cédera pas, il restera candidat coûte que coûte.

1 commentaire:

Véronique Allouche a dit…

Lorsqu'on apprend que les procès-verbaux ont été étalés dans "Le Monde " alors que ses avocats n'y avaient pas accès, vous oubliez d'écrire qu'il y'a également un acharnement médiatique contre Fillon.
"François Fillon délégitime la justice" dites-vous. Il faut se rappeler du "mur des cons" dont les portraits placardés dans l'enceinte du syndicat de la magistrature étaient principalement ceux de la droite.
Qui délégitime les institutions judiciaires lorsqu'en février 2012 dans un article du "Monde", François Hollande alors député de Corrèze, critique la justice de l'époque: "Aucun de ceux qui aujourd'hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n'ont à s'inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres".
Bien cordialement