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lundi 2 janvier 2017

Avec Daesh, la Tunisie et l'Europe sont mal barrées



AVEC DAESH, LA TUNISIE ET L’EUROPE SONT MAL BARRÉES

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 
            
Daesh

          Les défaites subies par les troupes de Daesh pourraient avoir des répercussions sur l’Europe et sur certains pays musulmans faibles. C’est un violent retour de manivelle pour les Tunisiens qui ont fourni le plus fort contingent de combattants volontaires auprès de Daesh, 5.000 selon l’Onu. Leur écrasement par le régime de Bachar el-Assad et par les frappes russes les pousse à présent à quitter la Syrie pour des cieux plus cléments.




            L’attentat de Berlin a mis en évidence la fragilité de certains pays européens face au retour prévisible des combattants armés. L’auteur de l’attaque, Anis Amri, est un tunisien qui avait fait allégeance à Daesh. La classe politique tunisienne est partagée sur les mesures à prendre contre ces terroristes. Pour les uns, il faut s’opposer à leur retour et pour les autres, il faut songer dès à présent à un plan de résinsertion. Le président tunisien Caïd Essebsi ne se mouille pas trop et souhaite seulement  être informé sur «les plans mis en place par le gouvernement pour traiter le dossier des Tunisiens de retour des foyers de tension». 
          Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a déclaré que la Tunisie n’avait signé aucun accord sur l'avenir des terroristes et n’était pas pour le retour au pays des terroristes des zones de tension. Il a affirmé que les revenants allaient être arrêtés immédiatement dès leur arrivée sur le territoire tunisien, et jugés dans le cadre de la loi de lutte contre le terrorisme.
            Les Européens sont concernés au premier chef puisque la Tunisie n’est pas loin et que les frontières sont peu étanches. Ils ne peuvent pas balayer d’un revers de main ce danger sous prétexte qu’il concerne un pays maghrébin. Ils ne pourront pas s'opposer à une arrivée massive de terroristes en Europe.

Hedi Majdoub

            La plupart des partis politiques tunisiens sont d’accord pour affirmer que les exilés tunisiens constituent «un véritable danger pour la sécurité nationale et régionale. La sécurité de la Tunisie dépend de la sécurité des pays voisins notamment de l’Algérie». Selon les services sécuritaires tunisiens, ils seraient déjà plus de 800 à être revenus en Tunisie. Si Hedi Majdoub, ministre de l’Intérieur, estime disposer de toutes les informations les concernant, il reconnaît avec réalisme «les faiblesses» des services de renseignement tunisiens, mis en évidence d'ailleurs lors de l’assassinat de Mohamed Zouari à Sfax.
            La Tunisie qui, au temps de Bourguiba et de Ben Ali, avait mis tous ses moyens policiers sur la surveillance locale des opposants n’a pas développé de moyens matériels et humains pour mettre en place un système de renseignement extérieur ; le danger ne pouvait venir alors que de l’opposition. Les services de renseignement ont par ailleurs été affaiblis par la chute de Ben Ali et par les événements liés à la révolution de 2010/2011 qui ont écarté les cadres sécuritaires. Ces services sont si démunis que les partis politiques s’opposent à présent au retour des terroristes dans l’intérêt de la sécurité du pays et ils songent même à une loi qui leur enlèverait la nationalité tunisienne.
Rachid Ghanouchi et Caïd Essebsi

            Ils se sont inquiétés des intentions du gouvernement allemand de rapatrier les demandeurs d’asile parmi les ressortissants tunisiens.  À l’Assemblée, le groupe parlementaire de Nidaa Tounès, le parti du président, avait prôné de juger «les terroristes dans les pays où ils ont commis les crimes», seul moyen d’éviter leur retour sur le sol national. Il estime que «le retour des individus qui ont les mains tachées de sang risque d’affecter le modèle de société tunisien». En revanche Rachid Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahda, semble faire preuve de plus de tolérance puisqu’il propose l'idée de «repentance pour les Tunisiens souhaitant rentrer chez eux à condition qu'ils abandonnent la violence». Il peut difficilement cibler ses amis djihadistes.
            Les combattants de Daesh ne désarment jamais car à leur retour ils créent des réseaux d’enrôlement de jeunes qu’ils forment puis envoient sur les terrains européens. Le Syndicat national tunisien des forces de sécurité intérieure déplore «l’absence de volonté politique et exhorte le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles comme la déchéance de nationalité. Le retour en Tunisie des terroristes en provenance des foyers de tension est alarmant et peut conduire à la somalisation du pays». Ces terroristes ayant notamment combattu en Irak, en Syrie et en Libye «ont reçu des formations militaires et appris à manipuler toutes sortes d’armes de guerre sophistiquées». Ils pourraient rejoindre les cellules dormantes du pays. La perspective de leur retour suscite donc une inquiétude grandissante.
Tunisiens de Daesh

            La société civile tunisienne réclame des poursuites judiciaires contre les Tunisiens ayant combattu dans les rangs des groupes armés en Syrie, en Libye et en Irak. Elle s’inquiète d’un «deal» stipulant de rapatrier des milliers de terroristes en Tunisie, sans poursuites judiciaires. Selon la militante citoyenne Latifa Bouslama : «Nous sentons l’odeur d’un arrangement international stipulant de rapatrier ces combattants en Tunisie, par les mêmes puissances régionales qui ont encouragé leur immersion dans ces combats». L’universitaire Mehdi Abdeljawed, s’est dit inquiet de voir la Tunisie «envahie par ces troupes de terroristes, rodés aux techniques des perturbations et des crimes». La Tunisie doit «éviter le piège des puissances régionales, comme la Turquie et le Qatar, qui ont été derrière l’immersion des jeunes Tunisiens dans ces conflits».
Mehdi Abdeljawed

            Enfin, l’ancien président Moncef Marzouki, dont la responsabilité est fortement engagée dans cette situation, insiste sur la nécessité du respect à la lettre de la Constitution, en ce qui concerne le droit au retour à son pays de tout Tunisien et l’interdiction absolue de déchoir quelqu’un de sa nationalité. Empêcher le retour des terroristes tunisiens va les pousser à la potence pour un millier d’entre eux et au crime international pour deux autres milliers.
Marzouki  lors d'un entretien avec les salafistes tunisiens


            L’attentat de Berlin prouve que l’Europe n’est pas à l’abri de troubles terroristes et qu’elle doit s’attendre à des répercussions sécuritaires dont elle n’a pas encore trouvé la parade. 

2 commentaires:

Hakim YOSS ABDAT a dit…

Les musulmans sont extraordinaires !

Ils commencent par prétendre que ce que font les terroristes musulmans, n'a rien à voir avec l'islam.
Allant jusqu'à prétendre que ces derniers ne sont pas musulmans.

Ensuite ils jouent la carte de la victimisation, entre la soit disant amalgame dont ils sont les victimes. Et le fait que si leurs pays ou pays d'origine en sont là, c'est à cause de l'Occident.

Pour finir, ils refusent le retour de leurs propres-ressortissants terroristes dans leurs pays, allant jusqu'à envisager de faire voter des lois comme la Tunisie s'apprête à le faire afin d'en faire des apatrides.
Apatrides qui relèveraient des conventions de l'ONU concernant les réfugiés et apatrides, qui leur donneraient droit à des passeports onusiens...

C'est le comble l'ironie !

Tout cela sous le silence assourdissant de l'Occident...

דוב קרבי a dit…

Indulgence pour les repentants ! On cauchemarde.
Hélas, les politiques français invertébrés risquent de préconiser les mêmes recettes irresponsables.