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dimanche 2 octobre 2016

ISRAËL : Étape obligée pour les politiques français



ISRAËL : ÉTAPE OBLIGÉE POUR LES POLITIQUES FRANÇAIS

Par Jacques BENILLOUCHE
copyright © Temps et Contretemps 



Avec Axelle Lemaire à Tel-Aviv

          À voir les nombreux dirigeants français qui ont visité Israël en quelques semaines, on pourrait croire à une manœuvre étudiée. Israël est devenu une étape obligatoire pour ceux qui, souvent dans l’Histoire, étaient perçus exclusivement comme philo-palestiniens. Certains politiciens français n’osaient pas se compromettre de peur d’être accusés d’avoir succombé à un compromis inacceptable. D'autres estimaient que les contacts étaient inutiles car il était difficile d’avoir une confrontation loyale avec Israël en raison de ses exigences pré-politiques et de sa qualité d'État «théocratique» dès lors que des religieux orthodoxes faisaient partie de la coalition gouvernementale.




Ayrault-Abbas

On assiste donc à un ballet de personnalités de haut niveau et non des moindres. Même le président du Sénat, Gérard Larcher, troisième personnage de l’État était attendu. Ces visites se tiennent certes dans une ambiance de convivialité et de courtoisie mais sont rarement suivies d’un bilan politique concret. Comme le veut le verbiage diplomatique, les «échanges ont été francs et directs».
La diplomatie française est persévérante malgré les déconvenues. Jean-Marc Ayrault a fait une visite éclair en Israël et en Cisjordanie, le 15 mai, pour présenter au premier ministre, Benjamin Netanyahou, et au chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, les contours de la conférence internationale de Paris qui s’est tenue le 3 juin 2016 à Paris. Elle avait pour but de relancer le processus de paix moribond. Mais sa visite tomba mal au lendemain de la résolution de l’UNESCO, votée par la France, niant la «connexion historique» entre le judaïsme et le Mont du Temple. Le ministre des affaires étrangères en a profité pour minimiser les dégâts en rapportant les propos du président de la République qui a regretté l’«incompréhension qu’ont pu provoquer certaines formulations malheureuses du texte».


Ayrault au Liban

Le ministre français avait été reçu avec froideur bien qu’il ne s’attendait pas à des louanges. Il est un fait que les locataires du Quai d’Orsay sont toujours suspectés de conduire une politique anti israélienne. Leurs initiatives sont critiquées à l’instar de la rencontre du 12 juillet entre Ayrault et des députés du Hezbollah. Il s’est justifié en précisant que «les pays membres de la Ligue arabe ne font pas de distinction entre les branches militaire et politique du parti chiite. Il n'y a donc aucune raison pour que la France agisse différemment».
Valls à la Basilique de Bethléhem

Dans la foulée, Manuel Valls avait entamé le 21 mai un déplacement de trois jours en Israël et dans les territoires palestiniens en insistant sur le caractère «équilibré» de son voyage et en expliquant qu’il voulait «porter la relation d’ensemble de la France avec nos deux partenaires israélien et palestinien dans la région». Enfin le président du Sénat, qui fait partie de l’opposition au gouvernement de François Hollande, était attendu le 18 juillet en Israël mais il a reporté son voyage en raison de l'attentat de Nice.
Il est légitime de se poser la question sur les raisons subites de l’engouement politique de la France pour Israël. Deux explications pourraient justifier ces déplacements. D’abord la proximité de l’élection présidentielle, prévue en 2017, donne le ton. Le vote juif n'existe pas et le nombre d’électeurs français en Israël est négligeable mais le gouvernement ne veut pas se couper de l’aile centriste française qui a toujours été pro-israélienne. Compte tenu de l’équilibre des deux blocs principaux de droite et de gauche, le vote centriste est faiseur de roi. 
Gérard Larcher

          Les socialistes veulent donc rassurer les amis d’Israël en prouvant qu’ils se distinguent dans ce domaine de l’extrême-gauche et des écologistes, profondément anti israéliens. Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, entre dans cette stratégie mais il a des préoccupations plus claniques. Il soutient ouvertement Alain Juppé qui selon lui «fait partie des hommes dont la France a besoin. C'est du solide». Compte tenu de la mauvaise image de marque d’Alain Juppé, détériorée en Israël après son passage au Quai d’Orsay, Larcher viendra en Israël pour recoller les morceaux et paver la route à son ami.
Mais en dehors des contingences politiciennes, les questions économiques prennent une grande dimension dans les relations avec Israël. La réussite de ce «petit pays» qui, hier, n’avait que des idées et pas de pétrole mais qui, aujourd’hui, a des idées et du gaz est étonnante sur le plan économique. Les affaires politiques étant bloquées entre la France et Israël, les Français expliquent leurs déplacements par leur volonté de puiser des idées à adapter à leur pays. 
Les élections se joueront sur les questions économiques qui ont marqué l’échec du quinquennat de François Hollande. Les acteurs politiques sont donc conscients qu’ils doivent affiner leur programme économique. D’ailleurs le but du voyage de Valls avait été axé sur «l’économie et sur la coopération» en plus des «aspects culturel et de mémoire». Il a profité de son voyage pour inaugurer une centrale solaire d’EDF et pour prendre des contacts avec de nombreuses start-ups.
Manuel Valls et Axelle Lemaire avec des entrepreneurs israéliens

À bien des égards, l’histoire brève mais mouvementée d’Israël a débouché sur une conjonction unique de circonstances économiques, sociales, démographiques et politiques. Les premières décennies de gestion économique d’Israël ont été calquées sur les méthodes socialistes françaises. Elles ont été marquées par une approche corporatiste, caractérisée par une présence étatique forte dans l’économie, des syndicats puissants et de fortes restrictions aux échanges. L’énergie et les télécommunications étaient entièrement aux mains d’entreprises publiques; l’État détenait des participations conséquentes et exerçait une influence prononcée dans tous les secteurs. Bien que le pouvoir des syndicats ait sensiblement diminué depuis le milieu des années 1980, il reste encore considérable.
La politique macroéconomique israélienne a atteint un tournant en 1985, avec l’adoption d’un vigoureux «programme de stabilisation» destiné à lutter contre l’hyperinflation et à ramener le ratio dette/PIB sur une trajectoire descendante. Les mesures de lutte contre l’inflation ont été particulièrement efficaces. De fait, l’inflation annuelle s’est maintenue largement en dessous de 5 % depuis la fin des années 1990. Cette même décennie a également été marquée par de vastes réformes structurelles. Comme dans de nombreux pays de l’OCDE, les autorités ont notamment procédé à des privatisations et ont réformé la réglementation pour promouvoir la concurrence. Mais cela a entraîné l’émergence de magnats et l’appauvrissement de plus de deux millions d’Israéliens.
Israël a peu souffert de la bulle Internet des années 1990 grâce au rôle prépondérant joué par les technologies de pointe dans la croissance, suscitant un intérêt considérable en France. C’est en partie le résultat de la politique d’innovation fondée sur un système d’attribution d’aides à la Recherche et Développement par concours et un soutien aux sociétés établies dans des parcs d’entreprises, sortes de pépinières d’entreprises. Parmi les autres facteurs ayant contribué au profil impressionnant d’Israël dans la haute technologie, on retiendra son vaste vivier de chercheurs au sein de la diaspora juive et les compétences techniques et scientifiques apportées par la vague d’immigrants qualifiés d’ex-URSS.

Outre le secteur de la défense, les principaux secteurs de pointe sont la fabrication de composants informatiques, le génie logiciel, les technologies médicales et les produits pharmaceutiques conçus par le premier fabricant mondial de médicaments génériques, Teva. L’expérience acquise en matière de gestion de ressources hydriques rares est devenue un autre domaine de spécialisation technologique. Des politiques favorables aux entreprises ont été menées pour attirer les investisseurs en Israël et les y retenir. Les Français veulent donc à présent prendre leur part et s’insérer dans le tissu industriel israélien.



Le modèle économique israélien devient un exemple à suivre pour les pays européens, et pour la France en particulier.  C’est pourquoi Gérard Larcher veut étoffer le programme d’Alain Juppé qui s’est engagé à entreprendre des réformes économiques dès les premiers mois de son mandat, s’il était élu. Il veut l’aider à concrétiser un certain nombre de propositions pour favoriser la croissance encore négligeable en France. Il veut assimiler les recettes qui ont réduit le taux de chômage en mai 2016 à 4,8%, historiquement le plus bas. Certains considèrent qu’Israël est un pays à part, depuis la façon dont il a traversé la crise de 2008. Or il n’y a pas de mystère ; Israël a su développer des solutions qui lui sont propres, loin des techniques pré-formatées pour devenir un modèle pour les économies européennes. Le taux d'endettement public voisinait les 100% du PIB fin 1993 et 90% en 2005 alors qu’il est actuellement à 65%.
Cela s’explique par un recul massif du poids de l'État mais aussi par une remise en cause de l'État providence et une baisse du poids des dépenses sociales. Le miracle de la décrue de la dette n'en reste pas moins le fruit de la croissance. Israël fait partie de ces rares pays, à l'instar de la Suède, qui ont su allier rigueur et croissance et qui ont mixé trois éléments pour en faire un cocktail miracle. Ainsi Israël a accepté une dépréciation considérable de sa devise, de près de 30% entre 2002 et 2007. Le gouvernement israélien a bénéficié de l’alyah couplée avec des accords avec plusieurs pays asiatiques pour attirer une main d’œuvre grâce à des contrats de travail à durée déterminée. Enfin le véritable moteur de la croissance israélienne est lié aux 4% du PIB dépensés en Recherche et Développement. Il s’agit de la première économie de capital-risque au monde avec des centaines de sociétés inscrites au Nasdaq, plus que toute l'Europe réunie.


Technion

Israël attire en valeur relative 30 fois plus d’investissement en capital-risque que l’Europe. Il produit les meilleures start-ups technologiques du monde et offre des universités aussi renommées dans le domaine scientifique que le Technion (Israel Institute of Technology) et l’Institut Weizmann.  Le succès de l’économie entrepreneuriale israélienne est facilité par son environnement social et culturel tandis que sa performance est le fruit d’un état d’esprit entrepreneurial reposant sur des valeurs de progrès et de résistance. 
Contrairement à la France,  le monde professionnel est caractérisé par l’absence de hiérarchie et de formalisme, la mise en avant de la responsabilité personnelle et de l’apprentissage, la prime aux initiatives individuelles, et les capacités d’improvisation, de travailler ensemble et d’adaptabilité apprises à l’armée.
Il n’est pas prétentieux de dire que la France peut apprendre d’Israël. Les pays européens sont dans une situation d’affaiblissement et de perte de marchés parmi des États stratèges, l’Asie en particulier, face à la concurrence mondiale. L’Europe pèche par manque de témérité et d’opportunisme et souffre de faibles capacités d’innovation. Le fonctionnement pyramidal est un frein alors que la seule alternative consiste à insuffler un nouvel état d’esprit d’innovation. La France doit redevenir un incubateur pour les hautes technologies si elle veut développer des emplois et s’ouvrir à l’international.
Paul Krugman

Il n’est pas exagéré de parler de déclin de l’Occident couplé avec la montée des pays émergents qui deviennent dominants sur certains domaines. Israël par exemple est leader des drones militaires. Le prix Nobel d’économie Paul Krugman estime qu’Israël est un modèle économique qui pourrait servir d’exemple. La France est à présent convaincue qu’en s’inspirant du modèle israélien, elle pourrait rebondir en créant des start-ups compétitives au niveau planétaire. Mais cela passe par un système éducatif réformé pour le rendre plus sélectif afin de limiter les échecs d’une jeunesse, souvent à la recherche du confort.
Il faut réinsuffler en France un esprit combatif à condition que les stratégies soient durables et suivies d’effet.  En effet, après le succès de sa première édition, organisée à Paris en 2011, la 2ème Journée de l’innovation Israël-France s’était tenue le 19 novembre 2013 à Tel Aviv à l’occasion de la visite du président de la République François Hollande en Israël. Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique, était intervenue pour présenter la feuille de route franco-israélienne visant à faire émerger des partenariats technologiques entre entreprises des deux pays. 
Axelle Lemaire

       Après son départ du gouvernement, on craignait que tout cela reste à l’état de projets sans consistance. Mais Axelle Lemaire a repris le flambeau. Sa visite en Israël en cette fin de mois peut être considérée comme la plus professionnelle car elle n'était pas inspirée par une préoccupation électorale. La ministre était loin de la tambouille électorale et elle a montré en Israël des convictions sincères sur l’avenir du numérique en France. Elle n’avait pas hérité d’un ministère pour cadrer avec la parité ou pour équilibrer politiquement le gouvernement. Pourtant, rien ne prédestinait Axelle Lemaire à ces fonctions plutôt techniques car elle avait suivi des études supérieures de lettres modernes puis de sciences politiques à Sciences Po pour s’orienter ensuite vers le droit. Dans quelques mois, elle quittera son ministère sans avoir pu aller au bout de ses projets car c’est la loi de l’alternance.
  



          La secrétaire d’Etat française chargée du Numérique et de l’Innovation s'est déplacée avec une grande partie de son cabinet, constitué de jeunes pousses, à l’occasion de la 6e édition du festival de l’innovation DLD pour rencontrer plusieurs acteurs des écosystèmes d’innovation israélien et palestinien. Au-delà de son rôle de promotion du savoir-faire français, elle a essayé d'inciter les entreprises de la start-up nation à venir s'installer en France. 
Elle veut «rapprocher les écosystèmes français et israéliens et croit en une occasion historique de créer une coopération avec Israël». Elle en a profité pour égratigner son ancien patron : «Il existe deux méthodes politiques, celle qui consiste à faire des annonces non suivies d’actions. Et une autre plus humble mais qui agit sur le terrain». Elle a découvert cependant les recettes de la Start-Up nation : «Ce qui m’impressionne ici, c’est la capacité des Israéliens à intégrer l’inconnu et à prendre des risques. Des domaines où les Français doivent encore faire des efforts ».
Enfin et il ne s'agit pas d'un problème mineur, les dirigeants français viennent s'informer sur les méthodes israéliennes sécuritaires appliquées dans les villes pour neutraliser le terrorisme. Le développement des actes terroristes est au coeur des préoccupations françaises. Une collaboration à ce niveau devient indispensable car le terrorisme doit être combattu sur le plan international.


Cela explique ainsi la visite de deux jours en Israël de Georges Fenech. Ancien magistrat, président de la commission parlementaire sur les attentats de 2015, le député Georges Fenech a justifié sa visite dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il est intervenu à Herzliya au sommet mondial du contre-terrorisme. Il a rencontré la ministre israélienne de la Justice, Ayelet Shaked, ainsi que des juges militaires. En fait, il vise loin car il rêve d’être ministre de l’intérieur de Sarkozy et il veut se donner une dimension internationale. Une visite parmi les spécialistes de la sécurité n’était donc pas superflue pour muscler son CV. 
Bref Israël est devenu l'endroit où il faut être vu.

7 commentaires:

Georges KABI a dit…

Si votre article tres interessant au passage reflete la realite (je n'en suis pas si sur), alors toute la politique exterieure de notre gouvernement est a revoir. On ne peut plus decemment denoncer l'antisemitisme comme moteur des politiques envers Israel. D'ailleurs, cet argument ecule a ete souvent mis en difficulte, lorsqu'on songe qu'Israel est un expert en matiere de securite, que le monde nous envie sur beaucoup de domaines, a tel point que meme le BDS ne se cache plus pour demander l'eradication pure et simple d'

V. Jabeau a dit…

La lecture de cet article peut éclairer un peu plus la politique française visà-vis d.Israël :
1/ une attraction légitime économique (technologique + gaz dont il faudra que vous parliez dans un prochain papier), d'autant qu'Israël est proche géographiquement et culturellement - démocratie, liberté, simplicité de la vie locale, équipement etc.). C'est plus simple que Hong-Kong ou Singapour.
2/ un vote centriste judéo-centriste d'après Jacques
3/ une coopération militaire et de renseignement qu'il faudrait également approfondir dans un prochain papier
4/ les intérêts de la France avec les pays arabes hostiles à Israël qu'il ne faut donc pas trop irriter
5/ les intérêts électoraux internes avec une population arabo-musulmane française qui acquiert une conscience politique et qu'il faut calmer sur le dos d'Israël, en attendant que ce soit sur le dos des Juifs. C'est plus facile qu'avec la Russie ou la Chine.
6/ un petit pays qui ne peut que faiblement se défendre sur la scène médiatique et politique française face aux accusations de toute sorte et aux camouflets diplomatiques
7/ une communauté juive locale loyale qui se défend êgalement faiblement et qui ne cause aucun problème.

Bref, un partenaire de rêve !

Marianne ARNAUD a dit…

Cher monsieur Benillouche,

Dommage pour lui, que dans cet excellent article, vous ayez oublié de mentionner que François Hollande - dont personne ne s'avise à dire, à coup sûr, s'il sera en mesure de se présenter à la prochaine présidentielle - avait tout de même été sacré : "Homme d'État de l'année", par un certain rabbin Arthur Schreier au Waldorf Astoria de New-York, ce qui aurait peut-être pu lui donner un petit coup de pouce auprès de l'électorat juif !

Très cordialement.

Lavedan a dit…

Cher Monsieur Bénillouche,
Article très intéressant mais à moins que je me trompe, Gérard Larcher, président du Sénat, n'est pas le troisième mais le deuxième personnage de l'Etat; dans l'ordre protocolaire il est plus important que le président de l'Assemblée Nationale et que le premier ministre.
Cordialement, Guillaume Lavedan.

Jacques BENILLOUCHE a dit…

Chère Marianne,

François Hollande est en état de mort clinique politique. A son stade, seule une intervention divine, s’il est croyant, lui permettrait de se relever de son coma. L'électorat juif vote comme tous les Français et aucune intervention "extérieure" ne pourra le faire changer d'avis, même celle d'un rabbin.

Je suis respectueux des paroles en OFF de la ministre et je n’en dirais pas plus sinon qu'elle a apprécié le bon vin blanc d'Israël.

Cordialement

Jacques BENILLOUCHE a dit…

@LAVEDAN

Ordre de préséance national selon le service du protocole :

À Paris, lorsque les membres des corps et les autorités assistent aux cérémonies publiques, ils y prennent rang dans l'ordre de préséance suivant :

1.Le président de la République
2.Le Premier ministre
3.Le président du Sénat
4.Le président de l'Assemblée nationale
5.Les anciens présidents de la République dans l'ordre de préséance déterminé par l'ancienneté de leur prise de fonctions
6.Le gouvernement dans l'ordre de préséance arrêté par le président de la République
7.Les anciens premiers ministres dans l'ordre de préséance déterminé par l'ancienneté de leur prise de fonctions
8.Le président du Conseil constitutionnel

Cordialement

V. Jabeau a dit…

L'ordre protocolaire n'est pas l'ordre constitutionnel .
Le site vie-publique.fr :

L’intérim du chef de l’État est exercé par le président du Sénat jusqu’à l’élection du nouveau président (art. 7 al. 4 de la Constitution). C’est une innovation de la Ve République car, auparavant, cette fonction était exercée par le président de l’Assemblée nationale. On veut ainsi éviter qu’un vide ne s’installe si le président venait à défaillir après la dissolution de l’Assemblée. Le Sénat ne pouvant être dissous, la continuité de la fonction présidentielle est alors assurée.

Ses pouvoirs prennent effet dès que survient la démission ou le décès du président. Cependant, le président par intérim n’exerce pas la totalité des pouvoirs présidentiels afin d’éviter la mise en œuvre d’une politique personnelle. Il ne peut pas :

soumettre un projet de loi au référendum ;
prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale ;
procéder à une révision de la Constitution.
Une telle hypothèse ne s’est jusqu’à présent réalisée que deux fois : en avril 1969, avec la démission du général de Gaulle après l’échec du référendum qu’il avait initié, et en avril 1974, lors du décès du président Pompidou. Dans les deux cas, l’intérim a été assuré par le président du Sénat, Alain Poher.

Sur le plan politique, l’intérim diffère sensiblement selon que le président du Sénat est ou non candidat à l’élection présidentielle suivante. Son autorité morale est bien évidemment moindre dans la seconde hypothèse. En 1969, Alain Poher était candidat à la présidence.

Enfin, si le président du Sénat ne pouvait pas assurer l’intérim, celui-ci serait alors confié au Gouvernement, agissant collégialement.